La page d’histoire est encore ouverte et bien présente dans les esprits, les images aussi. Il y a vingt?ans, le mur de Berlin tombait. Avec fracas, et pour les Allemands de l’Est, l’ivresse d’un nouveau pouvoir, celui de la liberté. Celui que nous avons voulu vous faire vivre dans ce numéro spécial.
Il faut dire que l’année 1989 n’a pas été avare en signes avant-coureurs. Ce fut?l’occasion pour nous de rappeler l’aventure Solidarnosc en Pologne, de rappeler les manifestations pacifistes de Leipzig ou encore cette chaîne humaine traversant les pays Baltes en août 1989. Des événements qui ont fondé les prémices de ce bouleversement. Ce même été, Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, déclare à son tour que son pays n’interviendra plus dans les affaires intérieures de ces Etats satellites. Les dés sont jetés. Et pourtant, en cette année 1989, l’Allemagne de l’Est paraissait bien trop hermétique pour se permettre ce vent de démocratie. Un sentiment partagé par tous ces Allemands de l’Est rencontrés à Berlin.
Mais il était écrit que la chute était proche. Tous les espoirs étaient alors permis. Un monde plus ouvert, plus démocratique s’offrait à une population qui venait de célébrer le 40e?anniversaire d’un régime souvent honni.
Cependant, croire que l’on peut apprendre les leçons de l’Histoire n’est parfois que chimère et vue de l’esprit. Car si un mur est tombé, d’autres sont venus déchirer de nouveaux paysages: s’il n’est plus question de s’opposer à un frère capitaliste, un rideau de fer peut aujourd’hui viser un immigrant trop envahissant ou encore un voisin accusé de terrorisme. Le réflexe sécuritaire et autoritaire met en péril les démocraties. Et cet argument erroné et malsain reste encore trop souvent utilisé.