Depuis lundi, Migros Genève ne distribue plus de sachets en plastique gratuits à ses caisses. Pour des raisons écologiques, elle encourage ses clients à privilégier les cabas réutilisables. La mesure est bien perçue pour l'instant.
Au quatrième jour de cette expérience, seules trois personnes se sont fâchées et ont laissé leurs courses sur le tapis roulant, selon Isabelle Vidon, porte-parole de Migros Genève. Si des caissières se sont fait injurier, d'autres ont reçu des félicitations, a-t-elle relevé jeudi. Première suisse
La coopérative genevoise avait déjà préparé le terrain. Depuis le 1er août 2008, elle ne distribuait en principe qu'à la demande ces petits sacs, également appelés «shoppers», suite à la signature d'un éco-contrat avec la Ville de Genève.
Migros Genève est la première entreprise du géant orange à prendre cette mesure. «Avec 35 millions de pièces par année, Genève était en Suisse la consommatrice numéro un de ces sacs», a relevé Mme Vidon. Un bilan sera effectué, avant que d'autres coopératives ne lui emboîtent éventuellement le pas.
Economies
La succursale du géant orange économisera ainsi quelque 500 000 francs par an. Sur cette somme, 320 000 francs seront dépensés pour «persuader le client du bien-fondé de cette décision», indique un communiqué.
L'entreprise a renoncé à substituer aux «shoppers» des sacs biodégradables. Ils sont peu résistants, gourmands en énergie à la fabrication, non réutilisables. Les clients disposeront en revanche toujours de sacs en plastique transparents pour leurs achats en vrac de fruits et légumes, ainsi que pour protéger le poisson ou des vêtements, a précisé Mme Vidon.
Migros Genève va encourager ses clients à utiliser un nouveau modèle de cabas en papier réutilisable. Vendu au prix de 20 centimes, il sera proposé dans les petits magasins et aux caisses rapides des grandes surfaces.
Suisse pas en avance
Il y a dix jours, le canton du Jura a voté l'interdiction des sacs en polyéthylène. D'autres cantons comme Berne et le Tessin ont déjà empoigné le problème sans toutefois aller jusqu'à une interdiction.
Au niveau national, le Conseil fédéral estime qu'une interdiction est disproportionnée. En réponse à une motion de Dominique de Buman (PDC/FR), il a déclaré qu'il faudrait s'attaquer tout au plus aux sachets distribués gratuitement.
D'autres pays sont plus avancés que la Suisse. Ainsi en France, les sachets plastiques en polyéthylène devront avoir disparu d'ici 2010. En Grande-Bretagne, les initiatives se multiplient pour en limiter l'utilisation. Même les autorités chinoises exhortent les consommateurs à contribuer à la protection de l'environnement en abandonnant les sacs plastiques.