Les policiers seront mieux payés, mais devront travailler plus, (40?heures par semaines), et jusqu’à 58?ans au lieu de 52. C’est en substance les grandes lignes directrices du projet de loi présenté ce mercredi matin par le Conseil d’Etat.
Le gouvernement genevois est aussi décidé à supprimer toute une série d'indemnités qui rendent opaque la rémunération des hommes en uniforme. Il compte en revanche mieux payer les gendarmes à leur engagement. Il espère ainsi améliorer l'attractivité du métier auprès des jeunes et trouver une solution au manque d'effectifs.
Cette réforme qui sera soumise en urgence au Grand Conseil fait suite aux rapports de la Cour des comptes et à l’audit du conseiller d’Etat bernois Mario Annoni. Des documents qui relèvent notamment un manque de clarté ainsi que des dysfonctionnements dans le système de traitement salarial et d’organisation des forces de l’ordre.
Points non négociables
Toutes ces mesures vont faire l'objet d'un projet de loi et de règlements. Les discussions avec les syndicats de la police se poursuivent. Mais certains points, comme l'augmentation de l'âge de la retraite et la semaine de travail de 40 heures, ne sont pas négociables, a averti le conseiller d'Etat Laurent Moutinot.
Aujourd'hui, les gendarmes genevois et les agents de la police de sécurité internationale (PSI) bénéficient d'une réduction d'horaires de quatre heures hebdomadaires. Cet aménagement, connu sous le nom «d'ordre de service Spoerri», s'est révélé être une usine à fabriquer des heures supplémentaires.
L'horaire allégé, conjugué avec le manque d'effectifs, fait que les policiers sont souvent rappelés alors qu'ils sont en congé. La disparition de cette particularité va permettre de mieux répartir les forces. Dès janvier prochain, «une quarantaine de postes se retrouveront sur le terrain», a fait savoir M.Moutinot.
Modèle zurichois
Les nouveaux horaires que veut mettre en place le gouvernement genevois pour sa police seront généralement stables. Ils intégreront les grands évènements prévisibles, en se basant sur le modèle utilisé par la police zurichoise. Les heures supplémentaires ne devraient être générées que par des évènements imprévisibles.
Concernant l'âge de la retraite des policiers, le Conseil d'Etat n'a pas eu le choix. «Nous avons écrit à Pascal Couchepin qui a été catégorique», a expliqué le président du gouvernement David Hiler. Dès 2011, la retraite sera fixée à 58 ans, soit six ans de plus que ce qui est admis aujourd'hui au sein de la police genevoise.
La rémunération et les horaires de la police genevoise ont fait couler beaucoup d'encre et occupé la scène politique. Deux rapports de la Cour des comptes ont dénoncé l'opacité et la complexité du système en place. Les lumières de l'ancien conseiller d'Etat bernois Mario Annoni ont même été sollicitées dans ce dossier.
Outre le salaire et les horaires, le Conseil d'Etat veut intégrer dès 2012 la PSI à la gendarmerie. Il est aussi déterminé à professionnaliser le service financier et le service des ressources humaines de la maison, et à créer des postes d'assistants de sécurité pour décharger les policiers.
Après cette réorganisation, la police genevoise coûtera 4 millions de francs de plus par année à l'Etat.
Syndicat vigilant
Du côté de l'Union du personnel du corps de police (UPCP), on se dit surpris de l'empressement manifesté par le Conseil d'Etat. «On ne réorganise pas la police en trois mois et demi», a ironisé son président Walter Schlechten. Les négociations doivent se poursuivre, a-t-il ajouté.
L'UCPC sera particulièrement attentive au pont qui sera proposé aux policiers partant à la retraite. «Ce pont devra être en accord avec les attentes des policiers, sinon on ira au clash», a insisté M.Schlechten.