Versoix a mis les petites plaques dans les grandes durant toute la journée de samedi. Et, en bon chocolatomane, le visiteur averti s’est laissé guider par sa truffe dans les entrailles du Festival du chocolat.
Désormais bien ancrée dans le calendrier genevois, la manifestation des gourmands a réalisé un nouveau tabac ce week-end. Plus de 20?000 curieux – record de l’année dernière battu! – se sont pressés pour se délecter des petites douceurs concoctées par les plus célèbres artisans de la place: Cartier, Paganel, Pascoët, Rohr et consorts…
Les cinq sens en éveil
Samedi, la cohue battait son plein sous la grande tente, dès l’heure d’ouverture des festivités, et ce sans discontinuer. Beaucoup d’anglophones et énormément de familles se bousculaient devant les multiples créations qui s’offraient à visage découvert. Pour le plaisir des yeux, et surtout celui des papilles! «On était venus en pensant faire plaisir à nos enfants, mais on se rend compte que c’est aussi un régal pour nous», lâche Jennifer, un pot de pâte à tartiner dans une main, une truffe dans l’autre et le regard attendri sur ses deux bambins qui trépignent d’impatience de mettre leur doigt dans la fontaine au chocolat.
Car Versoix, c’est aussi ça. Un lieu où les cinq sens sont en éveil. On observe l’artisan, on tâte le produit, on respire son odeur, on écoute le croquant sous la dent et on goûte à son arôme, surtout. Des spécialités à l’orange, à la menthe, au whisky, à l’absinthe ou au Cointreau. Ou du blanc, du noir, du lait. «Le plus intense, c’est le chocolat à la williamine, lance Jules, heureux retraité. C’est celui que je préfère, alors que je ne suis pas Valaisan! C’est ma petite cure antidépressive.»
Et on vient de loin pour se faire plaisir. «L’année dernière, j’étais en vacances à Genève et j’avais débarqué ici par hasard, sourit Astrid, une Norvégienne.
J’ai tant aimé que je me suis juré de revenir.» Elle a tenu son pari, comme d’autres fidèles. «Je viens depuis trois ans, car j’ai envie de goûter à tout, résume Kristel. Mon copain ne pouvant pas m’accompagner, j’essaie de lui ramener quelques surprises.» Outre la fondue au chocolat, le clou de la manifestation était l’immense lapin au chocolat d’une hauteur de cinq mètres, prodigieusement réalisé par les confiseurs genevois. La foule s’étirait comme une chenille pour s’en aller l’admirer dans les hauteurs versoisiennes, bravant ainsi une météo incertaine. «Mais ces températures étaient idéales pour nous, car il ne faut pas que le chocolat fonde, glisse tout sourire Patrick Malek-Asghar, initiateur de la manifestation. C’est magnifique d’être plongé dans cette joyeuse ambiance.»
Au-delà de la crise
Vu l’affluence, la septième édition paraît déjà sur d’excellents rails pour 2011, les spectateurs continuant également d’acheter. «Nous sommes tout de même moins touchés par la crise que d’autres secteurs, constate Jérémy Ramsauer, un artisan venu du Valais. Les gens continuent de dépenser pour ce genre de petits plaisirs.»
Au sortir de la grande tente, des gamins vont se faire maquiller. D’autres, les lèvres brunes, du chocolat jusqu’aux oreilles, n’en ont même pas besoin. Une sexagénaire lance: «Ça sent le graillon, ici.» «Normal, il y a des malakoffs», lui lance sa copine d’un jour, s’avançant devant les stands de nourriture salée qui trônent à l’extérieur.
Mais nous, après avoir forcé sur les truffes aromatisées, on ne sait plus vraiment à quelle absinthe se vouer. Mais, promis, on reviendra l’année prochaine. Hips!