Jean Romain n'en revient pas. La lecture de l'article publié mercredi dans la Tribune sous le titre: "Les écoliers étudieront les grands textes religieux dès la rentrée 2011" le fait bondir. En effet, le DIP ferait figurer dans la liste des grands textes "religieux" le Contrat social de Rousseau, le Capital de Marx ou encore Les Essais de Montaigne.
Le député radical prépare une interpellation urgente au Conseil d'Etat pour connaître les raisons de ce mélange: "Cest textes de grands philosophes n'ont rien à voir avec l'enseignement du fait religieux. Leur enseignement doit être le fait des cours de philosophie. En revanche, comprendre l'origine et le sens du gospel, des clochers ou des minarets relève d'une formation générale et de l'enseignement du fait religieux."
"Les radicaux souhaitent un enseignement sur les traditions israélite, chrétienne, musulmane, bouddhiste et hindouiste, les cinq plus influentes religions du monde", écrit le président Patrick Malek-Asghar dans un communiqué de presse. Et de citer Carl-Vogt qui en 1873, en plein Kulturkampf, déclarait: "Notre siècle a besoin de savoir, pas de croire". Si l'on veut aborder Marx et Montaigne, alors "ne faudrait-il pas aborder aussi les pensées fondatrices pour nos démocraties libérales: Montesquieu, Tocqueville, Constant, Alain?" Ce serait surcharger le programme du Cycle qui est déjà bien lourd, concluent les radicaux.
La polémique joue sur un mot, mais il est central. L'enseignement du fait religieux doit-il se faire au travers des textes "fondateurs" ou des textes "religieux"? Le débat sur l'introduction de l'enseignement du fait religieux à l'école obligatoire, qui divise Genève depuis plus de quinze ans, n'est pas prêt d'être clos.