Voilà une affaire qui risque d’écœurer nombre de Genevois en quête d’un appartement à prix décent. Le chef du Département des constructions, Mark Muller, loge au dernier étage d’un immeuble de Plainpalais, dans un appartement de sept pièces, au prix de 1800 francs par mois, plus les charges. C’est le montant indiqué sur l’extrait de l’état locatif actuel de l’immeuble, présenté dans le reportage diffusé hier au 19:30 de la TSR. Une somme dérisoire comparée à la moyenne des prix pratiqués pour ce genre d’objet, soit environ 7500?francs.
Contacté hier soir, le magistrat répond par e-mail que son loyer s’élève plutôt à 2000?francs, plus les charges, conformément à la loi sur les démolitions, transformations et rénovations d’habitations (LDTR). «Ce même loyer serait payé par n’importe quel autre locataire, dans la mesure où c’est le loyer maximum autorisé par la loi imposée par la gauche et l’Asloca.» Bénéficiaire de la LDTR, le conseiller d’Etat libéral la combat pourtant depuis des années. Il écrivait en mars 1999 dans nos colonnes: «(…) la LDTR est aujourd’hui un monstre juridique unique en Suisse (…)» En mai dernier, il dénonçait encore «des lois très contraignantes, comme l’abominable LDTR».
Comment a-t-il obtenu ce logement au 1er décembre 2009? Il conteste tout copinage et assure n’avoir jamais rencontré le propriétaire de l’immeuble, la Société genevoise d’investissements fonciers SA. Mark Muller précise à la Tribune de Genève que «cet appartement a été créé dans les combles par le propriétaire de l’immeuble, (…) à la place de chambres de bonne qui existaient préalablement». Il indique avoir emménagé avec sa compagne et y vivre avec ses deux enfants dans le cadre d’une garde partagée.