Gelée l’an dernier pour cause de vaches maigres, la municipalisation du secteur de la petite enfance en ville de Genève devrait reprendre lors des arbitrages budgétaires de juin. Le conseiller administratif Manuel Tornare l’a annoncé hier, en pointant deux écueils: le transfert des puéricultrices vers une nouvelle caisse de retraite et la négociation de leurs conditions de travail, alors que le Conseil municipal s’apprête à voter une refonte du statut des fonctionnaires de la Ville.
A un an de son retrait du Palais Eynard, le magistrat fait le point sur son bilan et ses objectifs; 60% de la demande était satisfaite à la rentrée 2009. C’est deux fois mieux qu’il y a dix ans, mais un millier de places manquent à l’appel pour que les besoins soient couverts. Une évolution possible d’ici à un horizon 2014-2016, selon Manuel Tornare, qui veut faire de l’accès aux crèches un droit. Il note qu’une trentaine de projets sont à l’étude et table sur les effets de l’initiative rose-Verte qui doit être soumise au peuple. «Ce texte permettra d’aller au-delà du blabla, tonne le socialiste. Certaines communes font un sport de baisser leurs impôts et, tout en puisant des prestations dans d’autres communes, elles refusent de créer des crèches ou de financer les mamans de jour.» Ces familles d’accueil pourraient se voir offrir un filet social à l’occasion d’un accord intercommunal qui pourrait être scellé ce mois encore, selon les espoirs de Manuel Tornare. Il restera encore à se mettre d’accord sur le financement de ces mesures.
Réduire l’encadrement?
Reste que le canton s’immisce toujours plus dans ce domaine. Plusieurs textes sont à l’étude au parlement, dont un projet de loi du PDC, qui veut notamment assouplir les normes architecturales imposées aux crèches. «On va parfois trop loin et certains fonctionnaires sont très tatillons», acquiesce Manuel Tornare qui se montre plus réticent sur d’autres suggestions du PDC. Celui-ci souhaite réduire le taux d’encadrement des enfants et assouplir le taux de personnel diplômé exigible dans une crèche. «Tout cela peut se discuter, mais notre encadrement remarquable doit rester notre force, juge le socialiste. Le PDC est en train d’effrayer le personnel au lieu de négocier!»