CONSTRUCTION

Mairie de Thônex: référendum sans objet?

Par DOMINIQUE VON BURG le 07.12.2009 à 00:00

Le crédit de 20 millions pourrait être annulé.

L’ordre du jour du Conseil municipal de Thônex du 22 décembre ne sera pas banal. En effet, le Conseil administratif proposera au délibératif d’annuler sa décision du 29 septembre par laquelle il allouait un crédit de construction de 20 millions pour une nouvelle mairie. Si le conseil accepte ce retour en arrière, le vote populaire prévu le 7 mars deviendra sans objet et sera annulé.

Est-ce le succès du référendum – plus de 1500 signatures valables – qui a fait peur? ­Stephen Knörr, conseiller municipal UDC et fer de lance du référendum en est persuadé, et il s’en scandalise. La réalité, toutefois, paraît un peu plus compliquée.

Un plan B moins coûteux

Certes, admet le conseiller administratif radical Claude Détruche, en charge des constructions, le manque de soutien politique au projet n’a pas laissé l’Exécutif indifférent. Ni les réticences manifestes de la population à accepter que les fonctionnaires municipaux soient mieux logés. Mais c’est surtout l’opportunité d’un «plan B» nettement moins coûteux qui a guidé le choix de l’Exécutif.

Pas plus tard que vendredi, la commune a signé une promesse d’achat d’une parcelle de 1000?m2 en plein centre de Thônex, ce qui devrait lui permettre d’y installer par exemple la police municipale. Du coup, côté mairie, on pourrait se contenter de rénover le bâtiment actuel, alors que la Salle Valencien, à laquelle certains conseillers sont très attachés, ne serait pas touchée.

Large soutien politique

Alors, manœuvre de dernière minute pour échapper à un désaveu populaire? «Absolument pas, assure Claude Détruche. Ça fait deux à trois ans que je m’intéresse à cette parcelle. Et c’est un événement familial chez les propriétaires qui a accéléré les choses.» Côté politique, la proposition du Conseil administratif a toutes les chances d’être acceptée au Conseil municipal. En effet, les trois formations gouvernementales (libéraux, radicaux et démocrates-chrétiens) devraient soutenir l’Exécutif. Quant à la gauche, elle ne voit pas ce plan B d’un mauvais œil. «A priori, soutient le chef du groupe rose-vert Enrico ­Castelli, nous sommes ouverts à une solution alternative moins coûteuse. Et un lieu central pour la police serait même un avantage.»

Quant à l’opposition de droite, elle se targuera d’avoir fait reculer l’Exécutif. Mais le soutiendra-t-elle pour autant? Claude Détruche en doute: «Certains risquent de s’opposer même au plan B, parce que leur fonds de commerce est de faire de l’opposition.»

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