Dès lundi, les étourdis (dont je suis) risquent de se retrouver mal en point à la caisse des magasins Migros. En effet, mesure environnementale oblige, le géant orange supprime les sachets plastiques en polyéthylène offerts gracieusement jusqu’ici. Ces sacs, distribués par la plupart des commerçants, sont fabriqués de pétrole et sont extrêmement polluants.
35 millions de sachets par an
Trente-cinq millions de ces sachets étaient distribués chaque année à Genève par le géant orange. Migros avait déjà démarré par une opération de sensibilisation l’été passé, sous l’impulsion des autorités municipales (lire ci-dessous) . Les sachets ne devaient plus être distribués que sur demande. Mais la mesure n’a pas été appliquée à la lettre dans bon nombre de magasins. «Tout le personnel n’a peut-être pas respecté la consigne à la lettre, reconnaît Isabelle Vidon, porte-parole de Migros Genève. L’objectif était clairement de préparer les consommateurs à la suppression de ces sachets, appelés aussi «shoppers». Dès lundi, nos clients ne trouveront plus que des sachets plastiques transparents au rayon fruits et légumes, et d’autres, sans poignées, destinés à emballer du poisson, par exemple, ou protéger des habits de la nourriture.» Migros annonce en revanche la mise en vente de sacs en papier de taille réduite. «Nous continuerons à proposer les grands à 30 centimes et d’autres, plus petits, à 20 centimes, poursuit Isabelle Vidon. Et il y aura toujours les cabas à 2 francs pièce.» S’ils ne sont pas non plus biodégradables, ils présentent l’avantage d’être réutilisables. «Et donc de réduire le nombre de déchets», ajoute Isabelle Vidon.
Pionnière à Genève
Migros est la seule entreprise de la grande distribution genevoise à adopter cette mesure drastique. A la Coop, Daniel Rey reconnaît que le sujet est d’actualité au niveau national. «Mais rien n’a encore été décidé.» Chez Denner, une gérante nous précise que les sachets sont toujours disponibles sur les tapis roulants. Porte-parole de Manor, Elle Steinbrecher explique que les magasins de la chaîne offrent des sacs en polyéthylène transparents et gratuits. «Nous proposons aussi déjà des alternatives plus écologiques. A savoir des sacs en papier totalement recyclables dans les supermarchés comme dans certains rayons non alimentaires. Ainsi que des sacs plus solides en nylon à 4 fr.»
En se lançant seule, Migros surfe certes sur la vague écologique. Avec cette action, elle conforte son engagement en faveur de l’environnement et s’offre un joli coup de pub. Mais l’opération pourrait aussi se révéler à risque. «Nous avons choisi de jouer la carte de l’environnement afin de rester cohérents avec nos engagements pris en matière de développement durable, ajoute la porte-parole. Nous ne craignons pas la désertion de la clientèle.»
500?000 francs par an
Les pertes financières liées au client, arrivant sans sac au magasin et décidant de s’engouffrer dans le commerce voisin, ne devraient effectivement pas avoir de grande incidence. Comme le précise Isabelle Vidon, en supprimant les «shoppers», Migros réalise
une économie annuelle de 500?000 francs. «L’engagement écologique prime clairement sur le risque de pertes ou de bénéfices. A terme, cette modeste économie permettra de maintenir nos prix avantageux. Actuellement, elle nous sert à communiquer et à proposer des sacs réutilisables à prix réduits ou gratuits.»