«Notre générationne doit pas laisser une poubelle à nos descendants. La rénovation des immeubles, c’est une bonne action pour l’avenir. » C’est en ces termes que Robert Cramer a défendu hier la nouvelle Loi sur l’énergie, soumise au vote le 7 mars prochain et préparée sous sa législature. L’ancien conseiller d’Etat écologiste a pris la tête du large comité qui défend cette révision. Elle est soutenue par les partis de droite, les Verts ainsi que les associations patronales et le WWF.
Le texte crée d’une part de nouveaux standards en matière de consommation d’énergie pour les nouveaux bâtiments. Elle vise surtout à favoriser les rénovations des immeubles existants. «Les gisements d’économies sont considérables dans ce domaine, car la plupart des immeubles sont de vraies passoires énergétiques», a insisté le député démocrate-chrétien François Gillet. On estime que les trois quarts du parc immobilier n’ont pas été rénovés. L’enjeu est d’autant plus important que les immeubles absorbent la moitié de l’énergie consommée dans le canton.
Les partisans de la loi s’attendent à une forte augmentation des rénovations. «Nous devrions pouvoir doubler les travaux, estime Gabriel Barrillier, de la Fédération des métiers du bâtiment. Nous avons le potentiel d’entreprises et de personnel qualifié pour les mener. »
Reste que pour rénover, il a fallu trouver des mesures incitatives pour les propriétaires. Des subventions sont prévues, ainsi que le dégrèvement fiscal des investissements. La manière de reporter les coûts des travaux sur les loyers fait, en revanche, davantage jaser. C’est d’ailleurs les raisons de l’opposition de l’Asloca qui estime que les locataires n’ont pas à passer à la caisse.
«Se protéger des hausses du prix du mazout»
Pour les partisans, les hausses sont minimes et acceptables. Pour deux raisons, explique Robert Cramer. «Les locataires vont y gagner en confort thermique et phonique. Surtout, les rénovations vont les mettre à l’abri des futures hausses du prix du mazout, qui s’annoncent très importantes. Il y a deux ans, certains locataires ont vu leurs charges exploser au point qu’elles dépassaient leur loyer. » «En refusant cette loi, l’Asloca ne rend pas service aux locataires», poursuit François Gillet.
«Ce texte n’est peut-être pas parfait, reconnaît Sylvia Leuenberger, représentante du WWF, mais il faut savoir faire des concessions. C’est parce que les politiques ont refusé d’en faire que le Sommet de Copenhague a échoué. Pour le WWF, refuser cette loi est irresponsable. »