Mardi aux Pâquis, les 69 studios de l’Hôtel Carlton ont été investis par les étudiants, après moins d’un an de travaux de rénovation. Juste à l’heure pour la rentrée. «Un exploit!» se réjouit Philippe Moreno, président de la Conférence des directeurs de foyers. Depuis quelques années, de nouvelles chambres pour étudiants se construisent un peu partout dans le canton. Sans pour autant permettre de remédier à la pénurie, qui frappe de plus en plus d’universitaires.
Près de 200 logements pour personnes en formation ont été bâtis dernièrement à Genève, ce qui porte le total des chambres à 2500 environ. En quatre ans, celles gérées par l’Université ont augmenté de 20%. En rénovation depuis novembre dernier, les studios de l’Hôtel Carlton viennent ainsi s’ajouter aux chambres construites à la rue De-Candolle, à la rue des Pavillons ou à la route de Peney. Des bâtiments réalisés ou rénovés par divers organismes, fondations ou coopératives.
Appel aux citoyens
«Nous cherchons aussi des solutions palliatives, par exemple en proposant une bourse aux logements, explique Pascal Garcin, chef de la division administrative et sociale des étudiants (Dase). Nous avons également lancé un appel aux citoyens. Mais cette année, nous avons reçu moins de réponses que nous l’espérions.» Le réseau Alumni a également fait appel aux anciens étudiants de l’alma mater afin de dénicher des chambres en urgence. La thématique a par ailleurs été abordée durant la première séance de l’Assemblée de l’université (voir ci-contre).
Car cette année, le nombre d’étudiants dépourvus de toit a augmenté. «Environ 300 nouveaux inscrits, soit 2% de plus que l’an passé, connaissent des problèmes de logement, ajoute Pascal Garcin. Deux tiers d’entre eux sont dans l’urgence. Quant aux autres, ils bénéficient d’un peu de temps.» L’une des raisons évoquées de cette dégradation, l’augmentation du nombre d’étudiants à l’Université, près de 14'000 aujourd’hui.
Au total, il manquerait toujours 1500 chambres pour détendre la situation et éviter que certains étudiants ne renoncent à effectuer leur cursus à Genève. Chaque année, 5000 universitaires sont amenés à loger chez des amis, en squat ou en colocation.
Du côté des foyers, on attend un plus fort engagement de la part des autorités. «Il y a de l’argent. Des financiers sont prêts à sponsoriser des projets de logement, mais il n’y a pas de terrain disponible, explique Philippe Moreno. La Ville possède par exemple des parcelles vides du côté des Eaux-Vives et derrière l’hôpital. Nous leur avons fait des propositions concrètes il y a déjà deux ans!» Même position du côté de l’Université: «Il faut que l’Etat nous aide à acquérir des terrains à certaines conditions, conclut Pascal Garcin. Les obtenir au prix du marché nécessiterait d’y adapter les loyers, que les étudiants ne pourraient pas se payer.»
Projets à venir
Plusieurs projets sont en route actuellement, mais ils ne sont pas pour tout de suite. A l’image de l’extension de la Cité universitaire de Champel (260 chambres pour 2012), d’un concept de «Maison des étudiants» à l’Institut de Hautes Etudes internationales et du développement (200 chambres d’ici à 2011), ou de 40 chambres rénovées à la rue des Voisins l’an prochain.