«Ils m’ont fracassé la vitre latérale avant gauche, mais ils n’ont rien pu prendre: je ne laisse pas d’argent dans mon taxi!» Jacqueline Michaud a eu une désagréable surprise hier matin, en sortant de chez elle, au Lignon. Des brigands s’en sont pris à son véhicule professionnel. Hier, elle n’était pas la seule victime dans la cité.
«J’en ai parlé à une voisine, qui m’a dit que le kebab avait subi le même sort», raconte-t-elle. De fait, le restaurant situé au Centre commercial du Lignon a eu sa vitrine brisée. Son patron, Sahin, témoigne: «Cela a dû se passer vers 6?h. Je suis arrivé à 6?h?45 et j’ai tout de suite constaté les dégâts.»
La vitrine qui jouxte la porte d’entrée est déjà réparée, ou plutôt sécurisée, mais on y distingue encore de petites traces de sang. Comme si les criminels s’étaient blessés en commettant leur forfait. «Les gens de la police scientifique sont venus rapidement, ils ont relevé des empreintes», indique Sahin.
Ce dernier a eu moins de chance que Jacqueline. «Outre des bouteilles d’alcool, ils ont volé le fond de caisse de la loterie et celui du service, précise le patron. J’imagine qu’ils n’ont pas eu le temps de prendre davantage. L’endroit est très visible de l’extérieur, ils ont peut-être été dérangés.»
Le butin semble bien maigre. «Un peu de monnaie, c’est tout, confirme Sahin, mais c’est toujours embêtant.»
Le commerçant hésite désormais à s’équiper de caméras, «même si ce n’est pas très bien vu par ma clientèle», dit-il.
Il ne pense pas avoir été visé personnellement. La mésaventure arrivée à Jacqueline semble lui donner raison: «Ils s’en sont pris à mon taxi durant la nuit, c’est certain, explique cette Neuchâteloise de 67?ans. Il n’y a pas de traces de sang, ce qui me fait penser qu’ils ont agi ici avant d’aller au kebab.»
Les malfrats ont néanmoins laissé leur signature, sous forme d’éclats de verre, qui jonchent aussi bien la chaussée, devant la portière que l’habitacle du taxi, où règne un sacré désordre. «Oh, ils ont tout fouillé, ça se voit, poursuit Jacqueline, mais apparemment, ils n’ont rien pris.»
La conductrice du taxi sourit. «Une fois, on m’a volé un appareil de photo, se souvient-elle. Je venais de tomber en panne et j’étais allée voir deux policiers qui me regardaient, un peu plus loin. C’est à ce moment précis que les cambrioleurs ont agi!»
A la police genevoise, on confirme les deux événements de la nuit, pour lesquels des plaintes ont été déposées. «Il n’y en a pas d’autres à notre connaissance», relevait son porte-parole, hier après-midi. Pourtant, le matin même, en revenant vers le kebab, nous avons vu une fourgonnette de livraison, vitre avant droite brisée. Le même modus que le taxi de Jacqueline. D’autres habitants du Lignon ont peut-être eu une mauvaise surprise en découvrant leur véhicule, dimanche.