La surprise est de taille. Alors que les observateurs pensaient généralement que le député Olivier Jornot serait choisi pour être le colistier de Mark Muller dans la course au Conseil d’Etat, les libéraux ont opté pour un autre ticket. Tard hier soir, une assemblée des délégués a désigné Isabel Rochat pour tenter de reconquérir le deuxième siège libéral au gouvernement, perdu il y a quatre ans. Le choix du tandem est sans ambiguïté, puisque les deux candidats ont été désignés au premier tour déjà. Une issue normale pour le sortant Mark Muller, mais un véritable coup de théâtre en ce qui concerne la conseillère administrative de Thônex, également vice-présidente du parti. Alors que le premier obtenait 173 voix sur 229, la seconde engrangeait 125 suffrages, soit 10 bulletins de plus que la majorité absolue. C’est en réalité une course à trois qui s’est déroulée hier soir pour décrocher la place de deuxième candidat du parti. Beatriz de Candolle, conseillère administrative de Chêne-Bourg, avait en effet également relevé le défi.
Le choix de la diversité
Chacun des quatre candidats a eu dix minutes pour tenter de convaincre l’assemblée très fournie réunie à Uni Dufour. Quatre présentations de qualité, que Michel Halpérin, président du parti, a saluées et que les délégués ont longuement applaudies. Donné favori au départ, Olivier Jornot a fait étalage de sa fougue oratoire, de la fermeté de ses convictions et de la clarté de ses idées. Brillant député, l’ancien président du parti n’a visiblement souffert que d’un défaut majeur: son profil a été considéré comme trop similaire à celui de Mark Muller.
Intelligemment, Isabel Rochat a fait valoir cet argument lors de son discours: «Il faut répondre aux attentes de la population qui attend un gouvernement plus représentatif», a-t-elle plaidé, faisant référence tant à son expérience des communes, qu’au courant libéral qu’elle représente, qu’à sa qualité de femme. Son invite, répétée par d’autres lors d’un court débat, a visiblement été largement suivie.