La gauche ne devra guère compter sur son aile dure pour garder sa majorité au Conseil d’Etat. Après avoir raté leur retour au Grand Conseil, Solidarités et le Parti du travail rechignent à soutenir leurs alliés pour le prochain scrutin. Le premier parti a tranché la semaine dernière. Quant au Parti du travail, son comité directeur a exclu tout appui aux Verts. Il négociera la semaine prochaine son soutien au PS. Explications avec Jocelyne Haller, tête de la liste Solidarités-Parti du travail au Grand Conseil.
Solidarités se montre sévère face aux socialistes et aux Verts. Préférez-vous la droite?
Nous laissons la liberté de vote pour le Conseil d’Etat. Il y a un dilemme. Nous serions naturellement enclins à soutenir les socialistes et les Verts, mais nous ne pouvons pas cautionner la politique qu’ils ont menée au gouvernement. La gauche étant encore plus minoritaire au parlement, sa position à l’Exécutif sera encore plus difficile. En plus, en 2005, ils ont pris à notre égard des engagements qui n’ont pas été tenus.
Vous étiez apparentés avec eux dans la course au Grand Conseil. Cela n’était pas un problème?
Non. Il s’agissait alors de tenter de redresser la barre à gauche au parlement. Cela nous semblait possible, d’autant plus que les socialistes ont réancré leur politique plus à gauche dès la mi-législature.
C’est donc l’abstention que vous recommandez le 15 novembre?
Nous appelons à voter contre la droite et l’extrême droite. Les calculs lors d’une élection mènent souvent à s’éloigner des idéaux et des principes. Quant à moi, je ne sais pas encore ce que je vais voter. Il nous faudrait des gages plus clairs. On ne peut pas se dire de gauche pour se faire élire et ensuite mener une politique centriste, voire de droite.
Mais ce sont vos échecs électoraux qui font le jeu de la droite!
L’échec est dû à notre incapacité de recréer une union de la gauche radicale. Certaines positions sont inconciliables. Mais nous aurions espéré que, même sans nous, une autre politique soit menée. Reste que nous n’oublions pas que notre adversaire, c’est la droite.
Au fond, vous espérez que la droite prenne le pouvoir, ce qui favoriserait une révolution, non?
On en est loin! C’est vraiment une question de cohérence. En appelant à contrer les politiques antisociales et xénophobes, c’est la droite que nous visons.