Un instant envisagée, la candidature genevoise aux Jeux olympiques de 2018 avait explosé en vol. Mais il en faut plus pour décourager Mark Muller! Le conseiller d’Etat s’est envolé pour Vancouver durant les Jeux avec quatre invités pour relancer la machine pour 2022.
Interview
Mark Muller, pourquoi êtes-vous allé à Vancouver?
La candidature genevoise aux JO de 2018 avait été abandonnée. Le dossier n’était pas mûr et la Confédération ne soutenait pas le projet. Mais le gouvernement avait décidé de se préparer pour 2022, si la candidature d’Annecy pour 2018, que nous soutenons, échouait. Nous aurons la réponse sur ce point en juillet 2011.
Votre visite à Vancouver était préparatoire…
Elle avait pour but de voir sur place comment fonctionnaient vraiment des Jeux. Pendant cinq jours, nous avons visité les infrastructures, assisté à des compétitions et rencontré des personnalités: le comité d’organisation des Jeux de Vancouver, Swiss Olympic, les représentants d’Annecy, des partenaires privés ou l’Université de Colombie-Britannique.
Nous avons pu voir aussi combien ces Jeux ont fait du bien au pays. Il y a un vrai gain d’image pour le Canada que je verrais bien aussi pour la Suisse.
Après l’échec de la candidature pour 2018, n’êtes-vous pas découragé?
Je ne suis pas Winkelried. Sans signal clair de la Confédération nous ne nous engagerons pas. Mais je crois en cette candidature. C’est un projet ambitieux pour notre région et notre pays. Nous avons notre place parmi les candidats. Et pour 2022, nous ne serons peut-être pas la seule ville suisse en lice puisqu’on parle aussi d’une candidature de Saint-Moritz ou de Zurich.
Combien a coûté votre tournée?
64?000?francs pris en charge par le canton pour cinq personnes: moi-même, un membre du secrétariat général du DCTI, un représentant du DIP, de la Culture et du Sport, un consultant et une représentante de la Ville de Genève.
Que retirez-vous de ces contacts?
Qu’une candidature doit s’inclure dans un mouvement suisse dans lequel le Conseil fédéral s’impliquerait, ne serait-ce que parce que des éléments importants la concernent, comme la sécurité ou une part du financement.
D’autre part, il est exclu d’organiser quoi que ce soit si Swiss Olympic n’est pas convaincue, puisque c’est cette organisation qui porterait une candidature suisse.
Grâce au travail réalisé pour la candidature genevoise de 2018, nous avons un dossier. Et s’il reste beaucoup de travail, j’ai eu l’impression à Vancouver que notre candidature n’était pas considérée comme saugrenue. Après tout, Genève n’est pas tellement plus petite que Vancouver, dont les pistes de ski sont à deux heures de route.
A combien s’est montée la facture d’organisation des Jeux olympiques?
A 6,4 milliards de francs, semble-t-il, mais les comptes sont encore en cours, dont un tiers pour des infrastructures durables, de transport, sans compter les revenus induits.