Les modes passent et trépassent. Mais «taper» sur les jeunes reste dans l’air du temps. Stigmatiser leur comportement, les dépeindre comme incapables ou violents est une tradition pour certains, notamment dans les discours politiques. Devant ce constat qui les accable, de nombreux ados et jeunes adultes habitant en campagne ont pris le taureau par les cornes. Ainsi, plusieurs associations de Jeunesses ont récemment vu le jour. Leur but? Animer la vie communale au travers de diverses manifestations.
Très ancrée en territoire vaudois, cette tradition est en plein essor à Genève. Il y avait déjà une Jeunesse à Bardonnex, mais voici qu’Avusy, Cartigny, Dardagny ou encore Laconnex lui ont emboîté le pas. L’envie de briser les clichés et de rassembler toutes les générations autour d’un même événement et d’un même lieu est l’objectif premier de ces associations. Ensuite, proposer des manifestations là où il y en a peu, voire pas, est la ligne directrice. Soirées disco, vogues, tournois de jass ou de pétanque sont au menu. «Nous avons envie de montrer que nous sommes là pour faire des choses bien et que chacun peut avoir confiance en nous», glisse Philippe Beck, président de la Jeunesse de Dardagny-Russin.
Un état d’esprit
Valentin Lucas dit pareil. Vice-président à Avusy, il a relancé la société communale. «Notre réputation était à faire, explique-t-il. Nous espérons que la soirée organisée ce samedi à Athenaz nous permettra de nous faire connaître, car nous sommes pleins de bonne volonté.» Il en va de même pour les autres Jeunesses, qui s’ouvrent à leurs voisins et aux «gens de la ville».
Le côté social s’ajoute à la convivialité. «Si en créant des fêtes, on parvient à aider certains de nos contemporains à délaisser l’ordinateur et la PlayStation, c’est super, analyse Nicolas Lippuner, grand manitou de la Jeunesse de Bardonnex. On aime surtout retrouver des gens ayant le même état d’esprit et le même sens de la fête, sans violence.»
Raccourcir la distance entre les générations et créer de nouveaux liens est le vœu des Jeunesses. «Nos aînés sont sensibles au fait de voir des ados qui s’investissent de manière positive, constate Philippe Beck. Ils nous encouragent et n’hésitent ni à nous donner des conseils, ni à venir dans nos manifestations.»
Week-end culturel à la clé
Nos interlocuteurs sont unanimes: ces groupes existent pour permettre aux gens de passer de bons moments. Ils sont un ajout qualitatif aux autres sociétés communales. La plupart tablent sur «trois à quatre événements par année». De fait, ils se retrouvent souvent. Non pas pour boire des verres, comme l’affirment leurs détracteurs, mais pour faire le point. A Avusy, pas moins de six assemblées ont été tenues afin de mettre sur pied le bal-disco de ce samedi 10 octobre.
Pour chacune des Jeunesses, la collaboration avec les autorités communales est une priorité. «On veut éviter les soucis avec les nouveaux habitants et miser sur une sécurité renforcée», témoigne Nicolas Lippuner. Tous rêvent ensuite de s’offrir un week-end culturel (Berlin, Paris et Rome sont des destinations prisées) avec les fonds récoltés.
Rien de tel pour faire le plein d’énergie et tordre le cou à la rumeur qui prétend que les jeunes sont à l’origine de tous les maux de la société actuelle.