Jardin anglais, morne plaine. Dommages collatéraux des Fêtes de Genève, les pelouses envahies par les stands et les manèges ont énormément souffert. Depuis mardi, elles sont aux soins intensifs. «Comme chaque année, le gazon doit être ressemé en de nombreux endroits», confirme Jean-Théodore Bieri, collaborateur scientifique au Service des espaces vert (SEVE) de la Ville.
Cet or vert est un savant mélange. Deux pincées de pâturins des prés, quatre de Ray-Grass. «Ce dernier assure une couverture rapide, le pâturin pousse ensuite», indique un employé de l’une des deux entreprises chargées des travaux.
Peu de placage
Car c’est bien d’un chantier qu’il s’agit. De grosses machines tournent actuellement dans le Jardin anglais. L’une coupe les maigres touffes d’herbe qui subsistent, l’autre retourne la surface. Armés de pelles et de râteaux, des ouvriers lissent la terre.
«Il faut trois à quatre semaines pour tout ressemer, car outre le Jardin anglais, Baby Plage et l’Ile Rousseau ont également souffert, précise Jean-Théodore Bieri. Ensuite, ces périmètres seront clôturés durant deux à trois mois, selon les conditions météorologiques, afin de laisser pousser le gazon.» Des graines très généreusement distribuées, car les oiseaux, chapardeurs, se servent au passage.
Et pourquoi ne pas plaquer du gazon neuf, ce serait vert tout de suite? «Parce que cela coûte très cher, et il faut suivre au niveau de l’arrosage, relève Daniel Oertli, chef du SEVE. Nous n’utilisons cette technique que pour de petites surfaces, ailleurs autour de la rade.»
Remise en état onéreuse
La remise en état des pelouses reste tout de même onéreuse. «Nous avons une enveloppe de 100?000?francs pour les deux rives, mais les dépassements sont récurrents, lance Manuel Tornare. Pour 2011, le Conseil administratif m’a accordé un peu plus, j’espère que le Municipal suivra», ajoute le magistrat. Qui, visiblement, n’est pas satisfait: «Vous croyez que c’est sympathique, pour les touristes, de découvrir des prés comme des endives? Je ne suis pas contre les Fêtes de Genève, mais la pelouse, ce n’est pas du bitume! Les espaces verts ne sont pas des lieux adaptés pour ce genre de grandes manifestations.»
Il ne le dit pas expressément, mais le socialiste rêverait de voir les Fêtes organisées sur le gohrr tout neuf de la plaine de Plainpalais, par exemple. A défaut, il souhaiterait que stands et manèges ne colonisent que des surfaces en dur. Afin de redonner plus rapidement libre accès à tous sur les pelouses du pourtour de la rade.
Pour l’heure, on distingue aisément les emplacements où les stands étaient installés. Tristes taches jaunâtres ou brunâtres, selon l’état. Etonnés, les touristes déambulent en évitant les machines et se réfugient sur la promenade, le long de la rade.