L’intervention que le syndicat SIT a menée ce midi dans un restaurant des Eaux-Vives a failli tourner à la bagarre, avant de s’achever sur un happy-end. Gaëlle, enceinte de huit mois et en arrêt maladie depuis trois, ne touche plus de salaire depuis lors. Son employeur, un restaurant connu des Eaux-Vives, n’ayant plus payé depuis le 26 mai dernier les cotisations à l’assurance perte de gain, celle-ci ne verse pas les 88% de son salaire à la jeune femme. Laquelle n’a donc plus aucun revenu depuis trois mois. Pour se justifier, le patron accuse la serveuse d’avoir travaillé au noir cet été dans un autre établissement, alors qu’elle est en congé maladie, ce qu’elle réfute. Finalement, un accord a été trouvé et le patron s’est engagé à payer les montants dûs.
Sur le coup de midi, une vingtaine de militants du syndicat SIT ont débarqué dans le bistrot, armés de drapeaux, de banderoles et de pancartes, pour dénoncer la situation de Gaëlle et réclamer les salaires dûs. Leur arrivée en plein coup-de-feu a provoqué la colère de la patronne et du patron. Ce dernier a tenté, en vain, d’évacuer manu militari les syndicalistes, qui interpellaient les clients en train de savourer leur plat du jour. Il a également houspillé et bousculé des caméramens.
L’arrivée de la police finira par calmer les esprits, bien que la présence des pandores n’empêche pas dans un premier temps le restaurateur de continuer à menacer les syndicalistes ainsi que le photographe de la Tribune de Genève. Reprenant ensuite ses esprits, il a finalement versé une avance en liquide de 635 francs et s’est engagé par écrit à verser le reste de la somme dûe, plus de 9000 francs, d’ici deux semaines. «C’est déjà ça», commente Gaëlle, la larme à l’œil, en comptant ses 635 francs. «Je vais pouvoir accoucher.»