EDITORIAL

L'inévitable coût de l'éducation

Par JÉRÔME FAAS le 10.12.2008 à 00:00

Les effectifs de l’école primaire stagnent, mais le nombre de classes fond. Réaction prévisible du syndicat des enseignants: il se fâche. Il a raison. Réponse non moins attendue de Charles Beer, patron de l’Instruction publique: il plaide non coupable.

Les effectifs de l’école primaire stagnent, mais le nombre de classes fond. Réaction prévisible du syndicat des enseignants: il se fâche. Il a raison. Réponse non moins attendue de Charles Beer, patron de l’Instruction publique: il plaide non coupable. Lui aussi a raison. Il est une évidence que le ministre peine cependant à reconnaître, sans doute mû par un réflexe collégial. Un taux d’encadrement qui s’effrite induit mécaniquement une dégradation des conditions de travail des enseignants. Et par conséquent, à moyen terme, celle de la qualité de l’enseignement. Charles Beer n’en est pourtant pas responsable. Le gouvernement tente de réduire les charges de l’Etat. Et comme le socialiste l’explique, il paraît exclu que le parlement l’autorise à créer des postes. Une baisse du nombre d’élèves était prévue, elle ne s’est pas produite. Voilà le ministre coincé: pour gérer l’inattendu, il devrait jouir d’une marge de manœuvre que la politique du Conseil d’Etat (où il est majoritaire) ne lui offre pas. Cela, les syndicats le savent. Ils tapent donc sur la réorganisation de l’enseignement primaire, et en particulier sur la création de 91 postes de directeur. Dilapidation des ressources! s’énervent-ils, sans doute à tort. L’introduction d’une autorité de référence dans les écoles est une excellente chose.

Certes, la réforme connaît des ratés. Quelques directeurs sont moins bons que d’autres, voire carrément mauvais. Mais un tel démarrage était inéluctable: comment le département aurait-il pu dénicher en quelques mois 91 personnes aussi douées en gestion qu’en pédagogie? Ce n’est que sur la longueur que l’on pourra réellement juger cette réorganisation. On peut néanmoins noter qu’aujourd’hui, dans les cas où le système fonctionne, il fonctionne vraiment bien. Il n’en demeure pas moins qu’à terme, qui plus est avec la démographie galopante du canton, des moyens supplémentaires s’imposeront. «On ne va pas pouvoir continuer comme cela. Il va falloir investir dans l’éducation.» La phrase est de Charles Beer lui-même, prononcée à la rentrée 2007 au sujet du postobligatoire. Elle s’applique aussi aux autres ordres d’enseignement. Tout au plus peut-on reprocher au socialiste de ne pas l’avoir répétée cette année.

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