Cette prouesse pourrait déboucher sur des applications concrètes destinées à des personnes fortement handicapées. Il sera désormais possible de contrôler, par la pensée, en temps réel, les déplacements d'un robot, sans recours à des implants cérébraux, a fait savoir lundi l'Université de Genève. L'expérience a été effectuée le 6 avril dernier, en collaboration avec l'Université de Coimbra, au Portugal.
Une personne à Genève a été équipée de huit capteurs d'électro- encéphalogramme, qui enregistraient l'activité émise par le cortex visuel. Cette personne a été placée devant un écran d'ordinateur sur lequel des petits carrés clignotaient à des fréquences différentes.
Le cerveau clignote aussi
Chaque carré correspondait à une commande possible du robot. «Lorsqu'on regarde un de ces carrés, le cerveau se met à clignoter lui aussi», a expliqué l'Université de Genève. Les capteurs ont enregistré ces ondes et les ont transmises à un ordinateur qui les a transformées en commandes directionnelles pour le robot.
La machine, qui se trouvait au Portugal, a reçu les ordres via une connexion internet. Une caméra fixée sur le robot a retransmis l'image de ses déplacements. Le temps de réponse du système étant d'une demi-seconde, la réaction a été quasiment instantanée, a relevé l'Université de Genève.
Une telle prouesse ouvre des perspectives pour les personnes à mobilité réduite. Ce système mettant en relation le cerveau et la machine pourrait notamment leur permettre de contrôler une chaise roulante, d'allumer un téléviseur ou encore d'écrire par le truchement de l'ordinateur.