«Long et difficile.» C’est ainsi que Christer Granstrand, directeur d’Ikea Suisse, décrit le chemin parcouru par sa firme depuis son projet de s’installer à Vernier, né en 1999, jusqu’à la pelletée de terre qui a marqué hier le début du chantier. Parmi la foule d’embûches juridiques et politiques qui ont retardé les ambitions genevoises d’Ikea, seul subsiste un recours émanant de l’Association des intérêts de Vernier-Village. Une opposition fondée sur les craintes relatives au trafic routier. Mais elle n’entraîne pas d’effet suspensif, selon le gouvernement genevois. Ce que conteste l’association. L’affaire est en mains de la Commission de recours en matière administrative, qui devrait statuer bientôt. Chef immobilier d’Ikea, Hans Kaufmann souligne que l’accessibilité du site verniolan en transports publics est meilleure que celle du magasin d’Aubonne. Et que les clients qui renonceront à la voiture pour se rendre à La Renfile auront un tarif réduit sur les livraisons à domicile. «Vernier participera au suivi environnemental de la situation», souligne en outre Yvan Rochat, maire de Vernier.
L’entreprise veut se tourner vers l’avenir. Elle compte accueillir ses clients l’an prochain déjà, même s’il est trop tôt pour fixer une date. Avec ses 26?000?m2, le magasin genevois supplante celui d’Aubonne. L’assortiment ne variera guère, mais sa mise en scène pourra prendre ses aises. Pour Ikea, la concurrence verniolane ne menacera pas le site vaudois «qui a trop de clients», selon Christer Granstrand. Pour l’heure, des travaux de terrassement et d’assainissement démarrent sur la parcelle. Un ouvrage à 100 millions de francs dont Ikea souligne l’aspect écologique: connexion au rail, géothermie et standard Minergie.
Le dernier étage de l’édifice sera loué à des entreprises extérieures. Deux cents?personnes pourraient travailler dans ces bureaux. Le magasin de meubles emploiera autant de collaborateurs. «A compétence égale, priorité sera donnée aux habitants de Vernier, souligne le conseiller administratif Thierry Apothéloz. Ikea a promis de chercher en premier lieu son personnel auprès de notre service emploi. Ces règles vaudront tant que le magasin existera.» On avait d’abord parlé d’un quota de 50% de chômeurs verniolans engagés chez Ikea. C’est désormais un objectif commun, mais plus une contrainte stricte.