Le Tribunal de première instance l’a confirmé aujourd'hui mardi. Hannibal Kadhafi a porté plainte, le 17 décembre, contre la Tribune de Genève et l’un de ses journalistes, ainsi que contre l’Etat de Genève.
Objet du litige: la publication par la Tribune, le 4 septembre dernier, de deux photos d’identité judiciaire du fils du leader libyen, prises lors de son arrestation à Genève en juillet 2008. Les yeux cernés, les cheveux en désordre, il n’y apparaissait pas vraiment à son avantage.
L’Etat est aussi attaqué pour la fuite qui a permis au quotidien de se procurer ces clichés. Hannibal Kadhafi demande le paiement d’une indemnité en réparation du tort moral subi.
La publication de ces photos avait suscité une polémique, en pleine crise entre la Suisse et la Libye.
Réaction de Pierre Ruetschi, rédacteur en chef de la Tribune de Genève
«La plainte ne m’a pas encore été notifiée par le Palais de justice. Pour l’heure, je n’ai donc connaissance que du communiqué extrêmement laconique émis hier par le Palais de justice et nous signifiant cette plainte contre la Tribune.
J’estime cependant qu’en publiant ces photos d’identité judiciaire nous ne contrevenons en aucun cas au droit suisse. Si nous avons publié ces photos d’Hannibal Kadhafi, c’est qu’elles constituent une information relevante et importante dans cette affaire. Il y avait un intérêt public à les diffuser. Les conditions dans lesquelles la police genevoise a arrêté Hannibal Kadhafi se trouvent au cœur de l’affaire. Ces conditions restent très floues et les versions sur le déroulement des opérations divergent profondément. Les photos constituent aujourd’hui le seul élément objectif sur cette courte période de l’arrestation alors que des bruits laissaient même entendre qu’Hannibal aurait été sérieusement bousculé. Deuxièmement, nous avons publié ces photos d’identité judiciaire pour illustrer un article sur l’importance de l’humiliation dans cette affaire. Si Hannibal Kadhafi s’est estimé humilié par son arrestation, selon lui totalement indue, il n’est pas seul à avoir subi une telle atteinte, comme en témoignent les deux autres photos que nous avons publiées avec le même article : celle du conseiller fédéral Merz qui après s’être excusé platement à Tripoli a dû rentrer l’avion vide, sans les otages. Et celle de l’employé de maison des Kadhafi qui a dû exhiber son torse meurtri devant les caméras pour tenter de prouver les atteintes subies. On constate très clairement qu’Hannibal Kadhafi et la Libye n’ont pas le monopole de l’humiliation dans cette affaire. Il était important de le montrer pièces et documents à l’appui.»