Aujourd’hui nettoyé et analysé, Artamis est enfin aux mains des entreprises de construction. Le Piment Rouge, l’une des salles de concerts de l’ancien site alternatif, avait jusqu’à aujourd’hui pour plier bagage. C’est désormais chose faite… à moitié. Les occupants n’y organisent plus de soirées depuis le 31 décembre. Mais ils pourront continuer à y stocker leur matériel pendant un mois, le temps de trouver un nouveau local.
Une dizaine d’employés de l’entreprise de construction en charge des travaux, Marti SA, devraient arriver sur le site d’ici le 26 janvier. Le recours de cinq autres sociétés ayant été balayé, le contrat avec la Ville est en passe d’être signé.
Plus d’amiante que prévu
Mais avant que la destruction des bâtiments proprement dite ne commence, ceux-ci devront être désamiantés par une entreprise qui n’a, elle, pas encore été choisie. «Les analyses menées depuis octobre ont révélé un taux d’amiante plus élevé que celui auquel nous nous attendions», explique Claude-Alain Macherel, codirecteur du Département de l’aménagement et des constructions de la Ville. «Sur les dix-huit bâtiments, un seul n’en contient pas.
Le désamiantage, obligatoire pour permettre une démolition, prendra donc plus de temps que prévu.» La dépollution ne devrait donc pas commencer avant trois mois.
En parallèle à cette opération, des systèmes de pompage destinés au traitement de l’eau de la nappe phréatique seront installés. Certaines parties du site indépendantes des bâtiments, comme certains parkings, pourront ainsi déjà être assainies.
Aujourd’hui, seuls deux édifices de la zone restent occupés. «Le Piment Rouge devra trouver un modus vivendi avec le département des constructions, pour que le bâtiment puisse être désamianté», explique Rémy Pagani, conseiller administratif. «Ils devront nous donner les clés pour que l’on puisse y accéder.»
Un autre édifice, côté boulevard Saint-Georges, restera ouvert durant les travaux. Il s’agit du studio où aurait eu lieu le viol de deux adolescentes la nuit de Noël.
Nouveau lieu de fête?
Depuis quelques jours, un internaute propose aux membres du réseau social Facebook d’adhérer à un groupe destiné à créer une sorte de nouvel Artamis. L’objectif: rassembler le plus de jeunes Romands capables d’investir 100 francs et désireux de retrouver un lieu de fête alternatif dans une Genève devenue, d’après ce musicien, une «ville fantôme».
Le concept et sa présentation du Genevois sont tirés d’un groupe basé à Neuchâtel, où les internautes tentent d’acheter un château. A en croire les auteurs de ce concept, le groupe serait géré par des «entrepreneurs expérimentés» et ne serait «pas un jeu». Première étape: chaque membre, en s’y inscrivant, s’engage moralement à souscrire une action de 100 francs au moins. Un engagement qu’il lui faudra concrétiser si l’idée aboutit.
Si 15?000 membres adhèrent au projet, le montant de 1 million et demi de francs pourrait ainsi être potentiellement rassemblé. «Des promoteurs de la place sont derrière le projet et n’hésiteront pas à le pousser s’il aboutit», explique Sébastien Petitat, l’auteur. Ceux-ci seraient prêts à investir 5 millions de francs, ce qui élèverait les fonds propres du projet à 6?500?000 francs.
Le but est d’acheter une ancienne usine désaffectée aux Acacias, pouvant accueillir plus de 1500 personnes. Le bâtiment, transformé en bar et disco, serait mis à disposition des membres du groupe, qui pourraient bénéficier d’un «rendement brut estimé à 8-10% de leur investissement».
L’auteur se donne jusqu’au 28 février pour atteindre les 15?000 inscriptions et un mois de plus pour récolter les fonds et créer une société anonyme. Pour l’instant, 1420 personnes ont rejoint le groupe.