La découverte de cette molasse permet à la municipalité de disposer à nouveau de ce matériau typique de la région pour rénover maintes façades du 18e siècle.
Le chantier a été ouvert dans le cadre de la création d'un nouvel herbier souterrain et de trois pavillons d'accueil pour le jardin botanique, a déclaré mercredi devant la presse le directeur du CJB Pierre-André Loizeau. En 2008, des sondages géologiques révélaient la présence de grès (molasse du lac) dès six mètres de profondeur.
Couleur particulière
«Cette découverte est exceptionnelle» a souligné le conseiller administratif Rémy Pagani, responsable du Département des constructions et de l'aménagement. La molasse du lac qui orne de nombreux bâtiments genevois, tels la Cathédrale, le château de l'Impératrice ou les magnifiques immeubles de la rue des Granges n'était plus disponible depuis deux siècles.
Pour la remplacer, les collectivités publiques importent régulièrement du grès des cantons de Fribourg et Berne, de France ou d'Allemagne. Or, ces pierres différentes ont tendance à dénaturer les façades ou à accélérer leur dégradation, a expliqué le géologue Claude Félix.
Utilisée jusqu'à Morges (VD), la molasse locale est connue pour sa couleur gris-verte veinée de rouge et pour sa résistance. Le gisement du jardin botanique représente une opportunité unique pour la restauration des bâtiments les plus anciens, a relevé M. Pagani.
Carrières lacustres
Entre 500 et 700 m3 de molasse devraient être extraits en deux mois d'ici la fin juillet. N'étant pas équipée pour ce type de travaux et le stockage de cette matière peu résistante à l'eau, la Ville a confié l'exploitation de ce gisement à un consortium de trois entreprises de taille de pierre.
Les frais de découpage, d'excavation et de transports de la pierre sont à la charge du consortium. Un accord stipule une extraction de 300 m3 nets avec un droit d'exploiter payé à la ville de Genève. La Municipalité a réservé 25 m3 de molasse sur dix ans. Cette quantité devrait suffire à ses besoins de rénovation durant cette période.
Constituée de sable aggloméré, la molasse était autrefois recueillie dans des carrières lacustres aux alentours de Pregny. Les façades des bâtiments les plus prestigieux étaient intégralement construites en molasse apparente, dont la couleur était très appréciée au 18e siècle.
L'amélioration des moyens de transport et l'arrivée du train au milieu du 19e ont permis d'utiliser d'autres pierres plus dures. Elles étaient importées du Salève, du Jura, du Valais ou de Bourgogne.