Dix ans après celui de l'homme, le génome du pou de corps (pediculus humanus corporis) a été séquencé. Ce résultat est le fruit du travail de 28 institutions des USA, d'Australie, de Corée du Sud et d'Europe, parmi lesquelles figure l'équipe d'Evgeny Zdobnov, de l'Université de Genève.
Ces travaux ont été publiés dans la revue américaine «PNAS».
Le pou ayant accompagné l'homme de près durant son évolution et ses migrations, l'analyse de son génome pourrait livrer des enseignements, soulignent les chercheurs. Par exemple trahir le moment à partir duquel l'être humain a commencé à se vêtir.
Ce parasite de 2 à 3 millimètres de long est totalement dépendant des humains pour sa survie et disparaîtrait de la surface de la Terre s'il en était séparé trop longtemps, expliquent-ils.
Le pou a un mode de vie «très simple : il vit dans vos cheveux ou dans vos vêtements et se nourrit exclusivement de sang», relève dans un communiqué Barry Pittendrigh, professeur d'entomologie à l'Université d'Illinois (nord), qui a coordonné l'équipe internationale de recherche.
Peu de gènes de détection
La simplicité de ce mode de vie se reflète dans son génome comme le montre le nombre réduit de gènes de détection ou de réaction à l'environnement. Le séquençage révèle un nombre nettement moindre de récepteurs pour le goût et les odeurs comparativement aux autres insectes.
Au-delà de son importance dans le contexte sanitaire humain, le décodage du génome de cet insecte est essentiel à la compréhension de son évolution, soulignent ces chercheurs.
C'est en effet le second séquençage du génome d'un insecte au développement graduel à savoir que le corps ne subit pas de transformation anatomique et écologique profonde dans le processus de maturité de l'oeuf au stade adulte.
La plupart des espèces d'insectes sur la planète connaissent une métamorphose complète dans le développement de l'oeuf, à la chenille, à la nymphe puis à l'insecte adulte.
Le génome du pou peut ainsi fournir des élèments importants pour comprendre comment a évolué le processus de métamorphose complète, une clé de la domination de la planète par les insectes, jugent les auteurs de ces travaux