L’équipe du projet «Peuplement humain et évolution paléoclimatique en Afrique de l’Ouest» va prochainement publier les résultats liés à la découverte de fragments de céramique antérieurs à 9450?av.?J.-C. sur le gisement d’Ounjougou, entre 2003 et 2007. Celle-ci s’est produite «dans des conditions difficiles», informe Eric Huysecom, initiateur du projet et professeur à l’Université de Genève et à l’Université de Bamako. Les tessons se trouvaient à 15 mètres sous terre. L’équipe archéologique a dû se servir de l’érosion naturelle pour y accéder.D
Ces fragments sont les plus anciens jamais trouvés en Afrique, révèle le professeur. Les régions du Sahara central et de la vallée du Nil sont des lieux riches en production de céramique, mais le foyer d’Ounjougou est 400?ans inférieur à eux, d’où l’ancienneté des tessons trouvés à cet endroit. Ils servaient probablement à la cuisson des graminées. Ils sont actuellement à Genève afin d’être étudiés par des spécialistes, avant d’être restitués au Mali où ils seront exposés au Musée du Pays Dogon, à Bandiagara. L’établissement est actuellement en construction et sera inauguré début 2010.
Le projet, créé par Eric Huysecom, a débuté en 1997 et vise à «reconstituer le climat et l’histoire de l’homme», explique-t-il. Une équipe internationale – Suisse, France, Allemagne, Mali – d’une trentaine de personnes a été constituée par ses soins pour mener au mieux le programme de fouilles.
Des pointes de flèches de la même époque et une meule d’un millier d’années plus récente ont également été trouvés sur ce site.
www.ounjougou.org