Pourfendeur infatigable des multinationales, de la Banque mondiale, des hedge funds et autre fonds prédateurs, Jean Ziegler s’active à nouveau. Comme vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme, il porte notamment un projet de convention visant à assurer la protection des droits des paysans. Au cours de cette session, le comité consultatif présentera une étude sur la discrimination dans le contexte du droit à l’alimentation.
Mauvais calcul
Cette étude réalisée avec l’aide de Via Campesina, la fédération mondiale des petits paysans indépendants, conclut que les familles paysannes sont parmi les principales victimes des violations du droit à l’alimentation et de la discrimination et qu’il existe un besoin urgent de renforcer leur protection en vertu du droit international des droits de l’homme.
Jean Ziegler dénonce l’effet désastreux des ventes de terres agricoles dans les régions du monde les plus pauvres. «En Afrique, cela remet en question le rôle de la paysannerie. 20 millions d’hectares de terres africaines ont été vendus à des hedge funds ou a des gouvernements étrangers. Parfois, on y détruit les cultures vivrières pour fabriquer du bioethanol. Dans d’autres cas on produit uniquement pour pourvoir spéculer sur les prix des aliments de base», dénonce l’ancien rapporteur au droit à l’alimentation.
«En vendant leurs terres agricoles, les Etats se disent qu’ils font rentrer de l’argent frais, mais c’est un mauvais calcul. La paysannerie traditionnelle est chassée vers les bidonvilles accroissant ainsi la pauvreté et la dépendance», constate Jean Ziegler, qui participe ce soir à un débat organisé par l’Académie de droit humain à laquelle ont été invités différents intervenants parmi lesquels Olivier de Schutter, rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation.
? 18?h?30-20?h?30 Villa Moynier.