La première Université populaire africaine (UPAF) de Suisse et d’Europe ouvre ses portes à Genève. L’inauguration des locaux se déroulera du 20 au 22 février.
L’ambition de la nouvelle institution: favoriser l’intégration des Africains vivant à Genève et faciliter la rencontre entre les différentes cultures présentes dans la cité. «Dans un premier temps, nous proposerons des conférences, des ateliers et des forums de discussion gratuits, afin de faire avancer la connaissance du continent africain», explique Mutombo Kanyana, cheville ouvrière et directeur général de l’UPAF. Selon l’intérêt suscité, l’académie populaire développera ensuite des cours de langues, des formations sur le développement durable et autres colloques payants.
Une nouvelle institution, en partie inspirée de l’Université populaire albanaise. «Plus de 20?000 personnes d’origine africaine résident à Genève, souligne Ali Agraniou, vice-président de la jeune académie. L’UPAF sera également ouverte aux nouveaux arrivants et leur fournira des informations utiles pour séjourner en Suisse.»
Un lieu de formation et d’échange de connaissances, destiné notamment aux Africains des dernières générations. «Les jeunes, même s’ils sont nés ici, peuvent se sentir parfois déboussolés, explique son président Anatole Malu, ancien fonctionnaire international d’origine congolaise. Il s’agit donc de répondre à leurs besoins et préoccupations, au sens large.»
Principe de l’Ubuntu
Par exemple: les aiguiller dans leur quête identitaire. «Nous comptons mettre en place des ateliers sur l’histoire de l’Afrique, reprend Mutombo Kanyana. Et organiser des «palabres» intergénérationnelles.» Une méthode typiquement africaine, consistant à mettre les plus jeunes en contact avec des anciens vivant à Genève depuis longtemps. «Cela permet de véhiculer les valeurs ancestrales de l’Ubuntu.» En d’autres termes, renouer avec les repères du village et des anciens.
Avec pour fil conducteur: l’intérêt pour l’Afrique et les Africains. «Ce sera un carrefour de diversité culturelle, ouvert sans exclusivité à tous les habitants de Genève», souligne Ali Agraniou, vice-président de l’UPAF.
Un programme ambitieux. «Mais nous allons démarrer petit à petit», souligne le vice-président d’origine algérienne. Avec pour point de départ: un bureau situé dans la Maison des associations. «Les salles de cours seront louées en fonction de la demande», renchérit le directeur.
Le budget de fonctionnement pour 2009 s’élève à 470?000 francs. «Nous n’avons pas encore réuni toute la somme prévue pour nos activités», confient les responsables. Pour l’heure, quelques collectivités publiques et sociétés privées ont répondu à l’appel de subventions. «Mais l’intérêt suscité est énorme. Nombreux sont ceux qui veulent voir comment évoluent les choses avant de s’engager financièrement.»