Encore raté. 2009 ne sera pas le millésime de la reprise. Les derniers chiffres fournis par l’Office cantonal de la statistique (Ocstat) sont implacables. Genève peine encore et toujours à construire des logements en suffisance. L’année dernière, à peine 1230 logements ont été construits, dont près de 240 villas. Or, on sait qu’il faudrait en réaliser le double. Les perspectives de croissance et le besoin de rééquilibrer le rapport emploi/logement dans la région transfrontalière amènent à viser la construction de 2500 logements par année dans le canton. On en est très loin.
L’Ocstat note que la production en 2009 a progressé de 14%.?Il faut toutefois préciser que 2008 avait été la pire année, avec seulement 1000 nouvelles unités mises sur le marché. En fait, depuis 2000, le marasme est chronique. En moyenne, Genève a construit 1400 logements par année en moyenne.
Sombres perspectives
Peut-on voir des signes de reprise? Responsable des constructions, le conseiller d’Etat Mark Muller a plusieurs fois nuancé ces mauvais résultats en relevant que les requêtes en autorisation de construire étaient en forte hausse. Comprenez par là que les promoteurs avaient des projets plein les tiroirs.
Mais là encore, il faut atténuer cet optimisme. Car si la masse de procédures reste importante, la concrétisation sur le terrain fait défaut. L’année dernière, à peine 1160 logements ont été mis en chantier, soit une baisse très conséquente de 28% par rapport à 2008. En clair, les bureaux dessinent, mais on peine à sortir les pioches. Autant dire que les perspectives de production ne sont guère plus brillantes pour les années à venir. Genève continuera à construire très peu, et très en dessous de ses objectifs.
C’est sans surprise dans le centre de l’agglomération que l’on réalise le plus. Les deux tiers de la production se concentrent dans sept communes (Genève, Lancy, Grand-Saconnex, Carouge, Versoix, Thônex et Vernier).
Trois ans pour réaliser
Combien de temps faut-il pour construire à Genève? Pour la deuxième année consécutive, l’Ocstat fournit des chiffres sur cette question. Il faut compter trois ans entre le dépôt d’une requête en autorisation et la mise sur le marché, avec des pointes à 50?mois. Ces délais ne tiennent toutefois pas compte des procédures d’aménagement en amont qui, de par leur caractère politique, peuvent être encore plus longues.