Les organisateurs espèrent que les problèmes de transport aérien seront réglés d’ici là.
L’événement n’intéresse pas seulement la profession. Il intéresse tous ceux qui s’interrogent sur l’avenir du journalisme d’investigation. L’enquête aura-t-elle encore sa place demain dans nos journaux? Le quatrième Congrès mondial du journalisme d’investigation, qui s’ouvre jeudi à Genève (*), est l’occasion de dresser un état des lieux. Le producteur de Temps présent et organisateur de cet événement, Jean-Philippe Ceppi, est formel: «La télévision et les journaux auront toujours besoin de bonnes enquêtes. Ce qu’il faut, c’est s’adapter au monde qui nous entoure, aux nouvelles techniques, aux nouvelles règles…»
Traquer la vérité
Mener des enquêtes, cela coûte cher. Aujourd’hui, l’un des défis de la profession consiste à trouver de nouveaux modes de financement. L’investigation est un genre qui a toujours fait rêver. Dans les années 70, Carl Bernstein et Bob Woodward, deux journalistes du Washington Post, ont inspiré des générations entières en révélant le scandale du Watergate qui conduisit à la démission du président Nixon.
Traquer la vérité est une tâche noble et absolue. Un engagement que des journalistes paient parfois de leur vie. A Moscou, le 7 octobre 2006, Anna Politkov-skaïa est tombée sous les balles de ceux qui voyaient d’un mauvais œil ses enquêtes un peu trop poussées sur la guerre en Tchétchénie. Le 3 septembre 2009, c’est le journaliste français Christian Poveda qui tombe dans un guet-apens au nord de la capitale salvadorienne. Les gangs lui font payer au prix du sang La Vida Loca, un reportage sur la violence des «maras».
Menacé de mort depuis qu’il a publié Gomorra, un récit documentaire sur la Camorra napolitaine, Roberto Saviano, lui, est aujourd’hui sous protection policière permanente. Il est l’un des invités-vedettes de cette conférence mondiale du journalisme d’investigation dont il ouvrira les travaux jeudi matin. Il a accepté de se déplacer à Genève pour témoigner et surtout expliquer comment enquêter sur des milieux aussi fermés que les mafias.
Cinq cents journalistes
Autre débusqueur de secrets, le célèbre journaliste américain Seymour Hersh, auteur d’une enquête retentissante sur les prisons d’Abou Ghraib. Lui aussi a accepté de faire le déplacement à Genève. Ce qui contribue à donner un caractère unique et exceptionnel à la conférence qui s’ouvre jeudi au Centre international de conférences Genève (CICG). D’autant que l’importance de l’événement se voit rehaussée par la présence du juge espagnol Baltasar Garzon, défenseur de la «justice universelle», actuellement au cœur d’une polémique pour avoir fouillé dans le passé franquiste de l’Espagne.
Un peu plus de 500 journalistes, parmi lesquels des boursiers en provenance d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, vont suivre les travaux de cette quatrième Conférence mondiale du journalisme d’investigation.