La gauche genevoise lance vendredi une initiative cantonale pour ancrer dans la Constitution le droit à une place en crèche ou en garderie pour chaque enfant. Le texte veut contraindre les communes à répondre à ce «besoin élémentaire» des familles.
Constatant que la droite majoritaire au Grand Conseil rejette tous les projets en matière de politique d'accueil de la petite enfance, le comité d'initiative (Verts, socialistes, communistes, parti du travail, syndicats et associations) se tourne vers la population, a déclaré jeudi devant la presse la députée verte Mathilde Captyn. Dix-mille signatures devront être récoltées en quatre mois.
Doubler les places
Trouver une place d'accueil de jour pour un bébé ou un enfant en bas âge relève du parcours du combattant dans le canton, a relevé la conseillère communale socialiste Carole-Anne Kast. Une demande sur deux ne trouve pas de solution de garde. Selon les estimations, il faudrait doubler les quelque 2500 places disponibles pour répondre aux besoins de la population.
La garde des petits est un souci quotidien laissé à la bonne volonté des communes, a souligné René Longet, président du parti socialiste genevois. Certaines ont réalisé des efforts importants, mais il reste encore beaucoup à faire. La situation actuelle engendre une inégalité de traitement, selon le lieu d'habitation dans le canton.
Communes à la caisse
Le texte de l'initiative veut y remédier en attribuant aux communes la responsabilité de mettre à disposition un nombre suffisant de places de crèches et de garderies. Il leur fixe un délai de cinq ans pour mettre en place les infrastructures nécessaires. L'Etat est chargé de la surveillance.
Le financement sera assuré par les communes, qui bénéficient pour la plupart d'une situation financière saine, ont précisé les initiants. La nouvelle péréquation financière intercommunale prévoit également une aide à l'attention des moins aisées. Certaines pourront se regrouper pour mener ensemble un projet.
L'accueil des enfants en âge préscolaire n'est pas seulement un coût mais surtout un gain, a relevé Anne Mahrer, présidente du Parti écologiste genevois. Selon une étude de la Conférence latine des déléguées à l'égalité, pour un franc investi dans ce secteur, trois francs reviennent aux résidents du canton et un franc aux collectivités publiques.