Le couloir ouest de la gare Cornavin est désormais aux mains des ouvriers. Les titanesques travaux de rénovation, qui transformeront les lieux de A à Z jusqu’à l’automne 2013, ont été lancés hier. Commerces vidés, ouvriers et pelleteuses à l’œuvre: les CFF s’attaquent à la première partie de ce gigantesque chantier, visant à améliorer le flux de voyageurs, en passe d’augmenter avec la future mise en service du CEVA.
Commerces vidés
L’aile ouest de la gare Cornavin – entre le hall central et le passage Montbrillant – a déjà commencé son lifting. Hier, la rampe située devant le bâtiment était en train d’être démolie. A l’intérieur, plus de commerces ni de distributeurs de billets. Fleuriste, tabac, restaurant: les boutiques ont plié bagage pour permettre le début des travaux. Les «obstacles» barrant le chemin aux hordes de voyageurs ont déjà commencé à être éliminés, à l’image de la petite sandwicherie située dans l’aile ouest. Le poste de police est lui aussi en plein déménagement: on le retrouvera dès jeudi?sur le quai 1, où la mise en place d’un poste provisoire est quasi terminée. L’accueil du public sera interrompu aujourd’hui et demain, contrairement aux rondes et patrouilles, qui sont, elles, maintenues.
Objectif de cette première phase de chantier: améliorer l’accès aux quais et créer un nouvel escalator reliant en ligne droite la gare à la galerie marchande de la rue du Mont-Blanc. Jusqu’au mois d’août, les voyageurs pourront encore accéder aux quais depuis cette aile de la gare, mais uniquement par l’entrée nord située côté Grottes, le temps pour les CFF de construire un nouvel accès depuis le passage Montbrillant, où s’arrêtent actuellement les trams. Le couloir situé entre l’Aperto et la pharmacie sera également condamné.
Du côté des commerces encore ouverts – dans le hall central et côté est – on ne craint pas trop les travaux à venir en 2011. Même si certains devront fermer leurs portes quelque temps. «On a besoin de changement dans cette gare, estime Bouchra Mouileh, fleuriste depuis quinze ans dans l’aile est de Cornavin.
Tout est vieux! Je me retrouve souvent à guider des passagers qui n’arrivent pas à trouver le bon quai. Ce magasin est un vrai centre d’information!» Même enthousiasme du côté du tabac voisin, que tient Fernanda: «Cela fait vingt et un ans que je travaille ici. Cornavin n’est juste pas comparable aux autres gares que je connais! Nous serons fermés durant six?mois, mais ça n’est pas grave du moment que nous avons enfin une nouvelle gare. Le bâtiment actuel n’est pas acceptable pour une ville comme Genève.» Francine Pougnier, responsable de la boulangerie du même nom, confirme ces attentes: «Cette gare est triste. La rénovation sera une bonne chose pour nous comme pour les clients.»
Passagers impatients
Complexité à s’orienter dans la gare, à y entrer ou à en sortir: de nombreux voyageurs se réjouissent également de cette grande mutation, malgré les nuisances qu’ils s’apprêtent à subir. «Je prends souvent le train aux heures de pointe, raconte Myriam. Les accès sont si étroits qu’il faut faire la queue pour sortir de la gare.» Pour Pierre, Français de 22?ans, «il faudra juste s’y habituer. Finalement, cela ne sera pas pire qu’en ville, où les chantiers prolifèrent. Tout dépend de la façon dont s’organiseront les CFF.»
Dès mai 2011, ces voyageurs verront le côté est de la gare entamer sa mue puisque débutera la seconde phase des travaux. L’intérieur du bâtiment sera entièrement transformé et laissera la place à un vaste mall. Avis aux nostalgiques: le grand panneau d’horaires retrouvera sa place initiale dans le hall central et une salle d’attente sera réintroduite.
Le coût total de ce grand lifting se monte à 110 millions de francs.