C’est le cadeau de Noël des communes de France voisine. Chaque fin d’année, elles attendent avec impatience de connaître la part de la «compensation financière genevoise» qui viendra alimenter leurs recettes. Pour la Haute-Savoie, l’inconnue vient d’être levée: pour chacun de leurs résidents travaillant à Genève, les communes reçoivent 843?euros (1264?fr.?50). C’est un peu moins que l’an dernier (853,46 euros). Bien que la somme globale à partager soit en augmentation, la «cote financière» des frontaliers est donc en légère baisse (–1,2%), alors que leur nombre atteint un sommet historique: 69?737 pour la seule Haute-Savoie!
Genève encaisse 600 millions des frontaliers
Genève prélève chaque mois à la source une partie du salaire des frontaliers en guise d’impôt. Ce qui lui permet d’engranger quelque 600 millions de francs par année. A salaire égal, le frontalier paie d’ailleurs plus d’impôt que le résident genevois, car il n’a pas le droit aux mêmes déductions… Genève ristourne ensuite aux départements voisins l’équivalent de 3,5% de la masse salariale brute des frontaliers qui y habitent. Une manière de compenser en partie le fait qu’elle n’a pas à assumer la formation et le logement de cette force de travail, ni l’éducation de ses enfants.
L’enveloppe attribuée cette année à la Haute-Savoie, d’où proviennent 76% des frontaliers travaillant à Genève, atteint 97?978?215,52 euros. C’est 4,8% de plus que l’année précédente; le nombre de ses résidents travaillant à Genève a progressé de 6,1% pour atteindre 69?737. Ce chiffre résulte du recensement effectué l’automne dernier et il englobe les frontaliers avec permis de travail, ainsi que les Suisses et les doubles nationaux.
Genève laisse à ses voisins le soin de répartir la manne qu’elle ristourne. Traditionnellement, 60% reviennent aux communes au prorata de leurs frontaliers. Le Conseil général de la Haute-Savoie a donc réparti en cette fin d’année 58,8 millions d’euros aux 286 communes qui recensent au moins un frontalier; il n’y en a plus que huit à n’en avoir aucun! Ces travailleurs viennent parfois de très loin pour gagner leur vie à Genève: ils sont ainsi 24 (+71,5%) à faire chaque jour le déplacement de Talloires; onze de Faverges, à la frontière avec la Savoie; ou encore 24 (+50%) de Chamonix.
Le jackpot pour Annemasse
C’est bien sûr Annemasse qui encaisse le jackpot: ses 7471 frontaliers lui rapportent 6,3 millions d’euros. Suivent dans l’ordre Gaillard (3,7 millions d’euros pour 4355 frontaliers), Saint-Julien (2,7 millions d’euros pour 3286 frontaliers) et Thonon (2,3 millions d’euros pour 2748 frontaliers). Treize communes reçoivent plus d’un million d’euros, dont Veigy-Foncenex (1,2 million) qui compte 1438 frontaliers parmi ses 3000 habitants, un record absolu!