Le Parti démocrate-chrétien a opté pour la continuité mais s'est offert un frisson inédit hier soir. Un nombre inhabituellement élevé de délégués - plus de 200 - se sont réunis hier soir à Bernex pour renouveler la présidence du parti: un poste qui n’avait jamais été disputé de mémoire de militant PDC. C’est par un vote clair que l’actuel vice-président et chef de groupe au Grand Conseil François Gillet a été élu à la tête du parti cantonal. Il a récolté 157 suffrages, en laissant 67 à sa concurrente Delphine Perrella.
L’expérience du quinquagénaire a fait la différence. Ancien magistrat de Plan-les-Ouates et solide député, François Gillet a aussi revendiqué le bilan de la présidence sortante, dont il était membre, laquelle a «stoppé l’érosion électorale» de la formation. Se posant comme un rassembleur et «capitaine d'équipe», il s’est décrit comme un centriste, capable de se faire respecter par les partenaires de l'Entente - radicaux et libéraux qui s'apprêtent à fusionner.
C’est donc en vain que Delphine Perrella aura tenté de mettre en avant la nécessité d’innover et de changer de style. Son ton virulent a manifestement braqué une partie de l’assemblée. Celle qui n’a jamais exercé de fonction élective a dénoncé le cumul des mandats qui sera le lot de François Gillet comme président de parti et parlementaire. Une critique reprise par quelques délégués. Des voix se sont en outre élevées contre la faible visibilité des femmes démocrates-chrétiennes. Mais la candidate surprise de 32?ans a aussi été décrite comme une personne voulant «jouer les solistes sans avoir fait ses gammes».
Vivement applaudi, le président sortant Fabiano Forte a tiré sa révérence en appelant la nouvelle direction du parti à «conserver cette alchimie qui rend le PDC si particulier: l’alliance entre générosité sociale et réalisme économique».