L’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) a de quoi se réjouir. La Fondation Pictet pour le développement, dotée d’un capital de 25 millions de francs, se propose de créer, en partenariat avec l’institut, un centre de «finance et développement». Sur cette somme, 12 millions doivent servir à l’édification d’un Portail des nations sur le parc Rigot, en bordure de la place des Nations. Le centre de finance et développement, qui doit ouvrir ses portes à la rentrée 2011, cherche actuellement son directeur, une «personnalité universitaire de haut niveau», qui sera engagée hors concours. Le centre s’ajoutera aux cinq centres de recherche qu’abrite déjà l’institut, spécialisés dans l’étude du commerce, des migrations, des conflits, de la santé et de l’environnement. Pour nous, ce partenariat est formidable car il nous permet de nous doter de nouvelles forces dans un domaine d’avenir, déclare Philippe Burrin, directeur de l’IHEID. La compréhension des mécanismes de financement international doit entrer dans le bagage d’un étudiant, cela nous manquait. Ces nouvelles forces s’ajouteront aux compétences que nous avions déjà en économie monétaire internationale, en économie du développement, en microfinance et en histoire financière. Avec ce nouveau centre, nous atteindrons une masse critique très intéressante, assez unique en Europe.» De son côté, Ivan Pictet, qui préside la fondation et qui fut jusqu’en juin dernier associé senior de la Banque Pictet & Cie, se réjouit de réunir en une structure ce qui fait la force de Genève. «Nous avons une des places financières les plus importantes au monde et la réputation de la Genève internationale n’est plus à faire.» Le centre, qu’Ivan Pictet imagine «rayonnant», produira de la recherche fondamentale et appliquée, offrira de la formation continue et acceptera des mandats du secteur privé. Ce projet ambitieux peut étonner, lorsqu’on se rappelle qu’à quelques centaines de mètres de là, l’Université de Genève (UNIGE) a créé en 2009 son propre institut en finance. Philippe Burrin ne voit pas le problème. «Notre centre explorera les interactions entre finance et pays en développement, alors que l’UNIGE se concentre sur la finance pure.» L’Université, officiellement, «se félicite» de la création du centre, qui «complète» son propre institut qui compte dix postes de professeur – pouvant être complétés par quatre postes supplémentaires. Avec ces deux pôles, «Genève affirme sa position sur le plan international dans le champ de la finance», réagit Yves Flückiger, vice-recteur de l’UNIGE.
Ultimatum fixé en 2013
Autre perspective réjouissante pour l’IHEID: la Fondation Pictet réserve 12 millions pour édifier un bâtiment en bordure de la place des Nations. Imaginée par l’architecte Charles Pictet (sans lien de parenté avec Ivan Pictet), cette construction s’intégrerait dans le parc Rigot. Le bâtiment<br align="block"/>fournirait un lieu de rencontre, d’informations et d’expositions pour la Genève internationale. L’institut y disposerait de 1000?m2 pour organiser divers séminaires et cours de formation pour la Genève internationale. Le projet en est encore au stade de l’esquisse. Comme il empiète sur l’emplacement du tram, on est loin de l’autorisation de construire. Mais le temps est compté: si à l’été 2013, l’autorisation n’est pas délivrée, les fonds seront retirés.