Pas de prolongation de bail sans mise en conformité . C’était la condition émise par la société Grifmir SA, propriétaire des murs du MOA Club. La réhabilitation est pourtant impossible vue son importance. Le serpend se mord la queue. « L’ensemble du site de 20'000 m2 est à rénover », déclare Nicolas Grange, le représentant du propriétaire. «Tout le site dont fait partie le MOA Club est dangereux », explique-t-il. « Des fûts de produits toxiques sont stockés à deux pas par des artisans. Imaginez si un incendie venait à se déclarer. »
La mise en conformité impliquerait la reconstruction du bâtiment avec des issues de secours et des aménagements intérieurs anti-feu, aux frais du propriétaire. « Le site est voué à la démolition », explique le représentant du propriétaire. « L’investissement pour sa réhabilitation serait exagéré. »
Certains travaux ont été entrepris, mais ils sont insuffisants pour assurer la sécurité des noctambules. « Les locaux mis à disposition ne sont pas appropriés pour ce genre d’exploitation », explique Nicolas Grange. « A l’origine, ils accueillaient une association à but non-lucratif pour la réinsertion des adolescents. Le propriétaire ne s’est rendu compte du changement d’affectation que deux ans plus tard. Il a été mis devant le fait accompli par le MOA Club. »
« Le débat ne porte pas sur le méchant propriétaire qui veut fermer un lieu alternatif mais sur des questions de sécurité », affirme le responsable de la régie. « C'est pour cette raison uniquement qu’une procédure en résiliation de bail a été engagée depuis 2009. » Depuis 2007, la mise en conformité du MOA Club est demandée par les autorités compétentes.
Avant la prise de position du Conseil d'Etat, les parties se trouvaient en commission de conciliation. Cette décision, qui intervient indépendamment de la procédure en résiliation, y met fin de fait. « Le propriétaire peut enfin dormir tranquille, il était très inquiet ».