Une centaine de millions d’euros supplémentaires, soit quelque 134 millions de francs, seront nécessaires pour boucler le financement des tronçons français du CEVA. Le président de l’Association régionale de coopération et maire de Divonne, Etienne Blanc, confirme l’information donnée hier par 20?minutes. Il annonce qu’un tour de table va être convoqué. «Je suis confiant, assure celui qui est aussi député de l’Ain. Ce dossier est essentiel pour la France et on va s’employer à trouver une solution.»
Selon lui, la clé de répartition qui avait prévalu jusqu’ici pourrait être rediscutée. Sept partenaires sont impliqués, dont les CFF pour une part minoritaire de quelque 5%. La région Rhône-Alpes est jusqu’ici le principal pourvoyeur, avec 27% du budget. Suivent l’Etat français et le département de Haute-Savoie, qui assurent chacun 22%.
Des coûts réactualisés
Le budget initial était de quelque 132 millions d’euros. Le gonflement de la facture est dû, pour les trois quarts, à une réactualisation des coûts de chantier, de leur valeur en 2005 à celle qui est attendue en 2016. La méthode diffère de celle utilisée en Suisse où les coûts ont été actualisés à leur valeur de 2008. Le quart restant provient de modifications du projet, notamment des adaptations techniques en gare d’Annemasse.
Selon nos sources, la préfecture a organisé une première réunion: aucun des acteurs n’y aurait fui ses responsabilités. Reste à savoir si la Suisse ne sera pas sollicitée en cas de pépin. Etienne Blanc ne l’exclut pas: «Après le tour de table français, on discutera le cas échéant avec nos voisins.»
Les difficultés françaises sont connues côté suisse. Responsable du CEVA au gouvernement genevois, Mark Muller reste serein: «Je ne sens pas plus d’inquiétude qu’auparavant, ce volet international du CEVA ayant toujours été difficile, confie le conseiller d’Etat. L’ouverture du chantier n’est pas remise en cause. Les Français se sont engagés, ils ne peuvent pas se permettre de ne pas financer cet ouvrage, bénéfique aux frontaliers.» Voilà qui ne laisse pas présager un coup de pouce helvétique pour pallier les éventuelles insuffisances de trésorerie hexagonales.