La commune de Lancy est excédée. De plus en plus de pendulaires se parquent sur son territoire avant d’emprunter les transports publics pour se rendre au travail. Souvent en ville de Genève. «Les habitants et les clients de nos commerces ne trouvent plus de places de parc. Nous devions réagir», explique Frédéric Renevey, conseiller administratif. Face à cela, les autorités municipales prévoient de transformer toutes les places de parking en zone bleue sur le territoire du Grand-Lancy.
Une extension est à l’étude pour le Petit-Lancy. A l’instar de la Ville de Genève, Lancy se dote donc du système de macaron afin d’éviter que ses visiteurs n’occupent durablement les places de parc. Ainsi seuls les résidents d’un quartier donné ainsi que ceux qui y travaillent accèdent à ce petit badge qui autorise un stationnement illimité dans une zone précise. Les autres n’ont droit qu’à une heure. En adoptant ce système il y a une dizaine d’années, la Ville de Genève a reporté ses pendulaires dans les communes suburbaines. Lancy est particulièrement touchée parce qu’à cela s’est ajouté le développement des lignes de trams qui rendent la commune d’autant plus attractive. Son territoire est ainsi devenu une sorte de P?+?R sauvage.
Avant l’été prochain
Si l’autorisation est délivrée à temps par le Département du territoire, les zones bleues seront créées avant l’été prochain. Voté récemment, le budget 2009 de la commune planifie l’engagement de quatre ASM, chargés de sanctionner les fraudeurs. Le prix du macaron, émis par la Fondation des parkings, sera le même qu’en Ville de Genève, à savoir 180 francs par année pour les particuliers et 360 pour les entreprises. Si le système est jugé bon par la direction générale de la mobilité, il n’est pas exempt d’effets pervers.
La commune de Lancy n’est pas seule concernée. A Carouge, une motion réclamant les mêmes mesures, pour les mêmes raisons, attend d’être traitée depuis plusieurs années. Au Grand-Saconnex, on se dit également mis sous pression par la Ville. «Nous espérons éviter le recours à ce système, qui taxe injustement les habitants, mais nous ne savons pas jusqu’à quand nous pourrons nous en passer», s’inquiète le conseiller administratif Jean-Marc Comte. Lequel constate la même corrélation entre efficacité des transports publics et augmentation du P?+?R sauvage.
A Thônex des zones bleues existent déjà. «Nous devons faire un peu la chasse aux dépassements», reconnaît le conseiller administratif Claude Detruche. Mais il estime que sa commune n’est «pas trop mal lotie en raison de ses deux P?+?R, dont l’un va doubler sa capacité». Aussi l’introduction des macarons n’est pas envisagée à court terme.