Marc Roger, qui se dit désargenté, vient d’obtenir un coup de pouce de l’Etat de 23?000?francs. Ce montant d’assistance juridique correspond à l’émolument qu’il doit avancer dans la bataille judiciaire l’opposant à son ancien associé au Servette Olivier Maus (lire encadré). Ce dernier, un des plus gros contribuables du canton, réclame 1,5 million de francs à l’ex-patron du Servette, une somme qu’Olivier Maus a investie par le passé pour sauver, en vain, les Grenat.
Un terrain de 4000?m2
Mais pourquoi 23?000?francs au juste? Ce montant, figurant dans la décision de la Cour de justice du 9 juillet, se calcule de façon proportionnelle à la prétention civile d’Olivier Maus, précisent les avocats de Marc Roger. Plus le montant en jeu est élevé, plus les frais de greffe augmentent.
Condamné en 2008 pour avoir coulé le club de foot, Marc Roger est parvenu à convaincre les juges qu’il n’avait plus le sou pour en découdre devant la justice civile. Pourtant, la famille Roger possède 4000?m2 de terrain près d’Alès, dans le sud de la France. Depuis sa condamnation, l’homme vit sur ce site, chez sa grand-mère, dans une maison avec trois chambres à coucher et un hangar. Ce patrimoine, valant quelque 300?000?euros, est en main d’une société familiale dans laquelle Marc Roger détient des parts (environ 10?000?euros). Mais elles sont modestes, dit-il, et surtout elles seraient bloquées par le fisc français depuis 2005. Pour le reste, le boss déchu se retrouve aujourd’hui sans revenu fixe. Il a d’ailleurs demandé l’assistance juridique dans sa procédure de divorce en France. Il déclare 4,30 euros de fortune dans un compte postal à Alès et 10?838?francs sur un compte UBS à Rolle. Et surtout, Marc Roger répète qu’il croule sous les dettes: plusieurs dizaines de millions qu’il doit à divers créanciers. «Dépressif, ruiné», il n’a donc pas d’argent pour payer ses avocats et recherche toujours un emploi, précise la décision de la Cour de justice.
10 millions d’assistance par an
Soulagés par la prise en charge publique de l’émolument, ses avocats, Mes Robert Assaël et Romain Jordan, déposeront prochainement une nouvelle demande d’assistance juridique pour leurs honoraires liés à cette procédure civile. «Enfin la justice prend conscience de la situation financière de notre client.»
Chaque année, l’Etat débloque des aides aux personnes qui n’ont pas les moyens financiers de se battre en justice. En moyenne l’aide publique, octroyée avoisine les 10 millions de francs par an. Mais les avocats revoient leurs tarifs à la baisse. Leurs rémunérations se voient plafonnées à 200?francs de l’heure.