5000 manifestants, selon la police, ont protesté lundi à Genève contre les sanctions de l'ONU qui frappent l'Erythrée. Ils ont demandé au Conseil de sécurité d'abroger «une résolution injuste et illégale».
Venus de 14 pays européens, les Erythréens et leurs sympathisants sont arrivés à Genève en car ou en train et ont défilé depuis la gare jusqu'à la place des Nations, devant le siège de l'ONU. Des manifestations similaires ont été organisées à Washington et à Melbourne, en Australie.
Interrogé par l'ATS, le président de la communauté erythréenne à Genève Hailé Melles a expliqué que la résolution votée par le Conseil de sécurité le 23 décembre dernier a été adoptée sur la base d'allégations infondées. L'accusation que l'Erythrée soutient les insurgés islamistes en Somalie ne tient pas, a-t-il dit.
«Il n'y a aucune preuve. Nous sommes contre toute intervention extérieure», a affirmé le représentant de la diaspora érythréenne en Suisse. Il n'a pas caché que les manifestants ont le soutien du gouvernement d'Asmara.
La Suisse s'est alignée
Les sanctions votées par le Conseil de sécurité comprennent un embargo sur les armes, des restrictions de voyage et le gel d'avoirs de fonctionnaires et individus. Le Conseil fédéral s'est aligné sur ces sanctions le 3 février.
Les manifestants ont crié des slogans dans une mer de drapeaux érythréens et de banderoles dénonçant les sanctions de l'ONU.
Dans un tract, ils critiquent aussi le fait que le Conseil de sécurité n'a prêté aucune attention à l'occupation de territoires érythréens par l'Ethiopie. L'attitude du Conseil de sécurité «rendra encore plus difficiles les perspectives de paix et de stabilité dans la corne de l'Afrique», affirme le tract.