- Pourquoi avez-vous pris la décision de scolariser les enfants des mendiants maintenant?
- J’ai constaté moi-même l’augmentation du nombre de ces enfants dans la rue entre Noël et Nouvel-An. C’est la première fois que je voyais à Genève un mineur de 12?ans mendier à genoux devant un magasin. Par ailleurs, la police a fait le même constat. Nous avons analysé la situation et le Conseil d'Etat a pris cette décision.
- Tout part d’un bon sentiment, mais comment se déroulera concrètement votre action? La police va-t-elle arrêter les enfants dans la rue? Seront-ils séparés de leurs parents?
- L'enfant qui mendie avec ou sans ses parents sera mené par la police dans les locaux du Service de la protection des mineurs (SPMi), qui procédera à une évaluation de la situation générale de l'enfant. S'il n'a pas de toit, ils dormira au chaud dans un foyer.
- Les deux, parents et enfants?
- Tout dépend de la situation. S’il y a matière à les séparer (mise en danger), on les séparera, mais pas forcément.
Un mineur qui passe des heures dans un grand froid risque sa vie, on ne peut pas le tolérer.
- Une fois que vous aurez pris cette première mesure, que se passera-t-il?- Nous devrons obtenir des parents la garantie que leurs enfants seront en sécurité la nuit comme le jour, sans avoir à mendier. Nous analyserons la situation cas par cas, selon son âge, le mineur sera scolarisé.
- Ces enfants viennent d’une autre culture, que ferez-vous s’ils fuguent de l’école ou du foyer?
- Les procédures usuelles seront appliquées, comme pour tout enfant.
Dans le Matin d’aujourd’hui, l’avocate Dina Bazarbachi et le président de la mission tsigane craignent les dérapages…
- Moi pas. Je constate qu’il y aura des dégâts si on ne fait rien. Je n’ai pas envie de me reprocher le décès d’un enfant. La police, plus précisément la brigade des mineurs qui se chargera de ce travail est composée de gens humains et compétents. Le SPMi apportera à ces cas un soin particulier. Ces enfants se retrouvent chez nous. Ils doivent être traités comme tous les autres enfants de la République, en accord avec la Convention des droits de l’enfant et avec nos lois.
- Au fond votre action ne vise-t-elle pas le même but que les amendes infligées par le procureur général, Daniel Zappelli: dissuader les Roms de venir à Genève?
- Mon but n’est pas de les faire partir ou rester, mais d’assurer la dignité de ces enfants durant leur séjour à Genève.