Pouvait-on arrêter K.? Pouvait-on mettre fin à sa dérive criminelle avant qu’il ne commette l’irréparable, le viol et l’agression de trois personnes en douze jours, dans des conditions effrayantes?
Au lendemain de la condamnation du multirécidiviste, ces questions devraient hanter la police et la justice. Non pas pour distribuer, après coup, des blâmes aux uns et aux autres: face au drame, le temps n’est pas à la polémique. Mais pour tirer des leçons de l’affaire. Car avant d’agresser une dame de 93?ans, un jeune homme et une mère de famille, K. avait été arrêté… 40 fois et condamné à 31 reprises! Après une poignée d’heures, quelques jours ou quelques semaines, il retrouvait toujours la liberté, sans autre perspective que de replonger. Au revoir et merci, à la prochaine fois…
La loi, à l’évidence, n’est pas adaptée à des cas aussi lourds. Elle devrait mieux protéger la population et mieux aider aussi le délinquant à ne pas monter toujours plus haut dans l’échelle du crime. Lorsque les courtes peines de prison n’ont aucun effet, la justice manque de réponses différentes pour agir.
Peines plancher pour les récidivistes, internement, soins obligatoires? Choisir entre ces options demande un débat de société. Mais s’en tenir aux outils actuels donnerait l’assurance de revivre des crimes semblables.
La police genevoise devra aussi réfléchir à ses procédures internes: l’analyse ADN prouvant l’identité du violeur lui est parvenue un vendredi après-midi. Le mail n’a été ouvert que le lundi. Entre-temps, K. a violé une mère de famille, désormais marquée à vie…
Pouvait-on éviter le drame? Impossible à dire avec certitude. Mais un examen critique des procédures s’impose. Ne rien entreprendre serait une insulte aux victimes de K.