Un écolier sur quarante redouble sa première primaire. Pour une fois, les conclusions qu’en tirent le syndicat enseignant (SPG) et l’Association Refaire l’école (ARLE) sont identiques: l’école doit tenter de diminuer ce ratio et, pour y parvenir, des moyens financiers supplémentaires sont indispensables. L’accord des deux organisations est d’autant plus remarquable qu’elles partent de présupposés opposés.
La SPG est persuadée du caractère néfaste du redoublement, mais elle s’y résout par défaut: faute de mesures d’appui suffisantes, qui permettraient à l’enfant de combler son retard en cours de route, le redoublement lui semble parfois être un moindre mal.
L’ARLE, elle, cautionne vigoureusement le redoublement. Mais ce dernier étant le symptôme de l’échec scolaire, elle ne peut que souhaiter sa limitation — pour autant qu’elle ne soit pas artificielle. Comme la SPG, elle juge que plus de mesures d’appui (par ailleurs prévues par le règlement) concourraient à résoudre le problème.
Bien sûr, ces mesures d’accompagnement nécessitent du personnel supplémentaire et ont un coût. C’est ici que la politique du conseiller d’Etat Charles Beer concernant l’école primaire atteint ses limites: il se refuse à toute hausse budgétaire – si ce n’est la notable exception du retour de l’école le mercredi matin, qui coûtera 10,6 millions.
Il est dès lors peu compréhensible qu’il affecte des millions au Cycle, à la très haute dotation par élève en comparaison nationale; et qu’il rechigne à renflouer le primaire, mal loti selon ce critère, dixit le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation. L’attitude du socialiste surprend d’autant plus que l’accord de la SPG et de l’ARLE laisse deviner une possible majorité politique.