FORMATION

L’école de police fait enfin le plein d’aspirants

Par CHRISTIAN BERNET le 13.08.2009 à 00:00

Les problèmes chroniques de recrutement semblent résolus. La dictée est passée à la trappe.

A la rentrée, 36 jeunes aspirants vont commencer l’école de police. C’est un record et surtout un soulagement. Depuis des années, la police souffre de gros problèmes de recrutement. A tel point que les politiques qui souhaitaient augmenter les effectifs se voyaient répondre que, «de toute manière, on n’arriverait pas à engager». «Avec 25 élèves par volée, nous pouvions tout juste remplacer les départs, rappelle François Waridel, le responsable de la formation. Cette année, j’ai dû faire revoir la dimension des classes.»

Deux raisons expliquent cet afflux. D’abord, les examens d’entrée ont été revus. La moitié des candidats se faisaient d’emblée recaler à la dictée de français. Finie la dictée. Elle a été remplacée par un test de français qui simule plus ou moins la rédaction d’un rapport de police.

N’allons pas y voir une baisse des exigences. «Ce test est plus adapté aux compétences que nous recherchons, explique le chef de la formation. Et si un élève a des problèmes d’orthographe, nous lui préparerons une formation à la carte durant son année d’école.»

Si le français est moins éliminatoire, le principal obstacle se cache aujourd’hui dans les tests psychotechniques. La police ne badine pas avec la résistance au stress et la stabilité psychologique du futur policier. «Les missions du gendarme sont multiples: gérer une violence conjugale, régler un carrefour ou faire une levée de corps. Il faut être solide pour supporter cela dans une seule journée.» Au final, seuls 30% des inscrits passent avec succès les examens d’entrée.

Davantage d’inscriptions

Si l’école se remplit bien, c’est aussi parce que les inscriptions affluent. La police est très active dans ses campagnes de recrutement. Elle multiplie les séances d’information ainsi que les journées de stage et n’hésite pas à planter sa caravane devant les festivals de musique. «L’information est aussi meilleure et mieux ciblée, constate François Waridel. Les jeunes sont moins nombreux à nous approcher à cause des séries policières vues à la TV. Ils s’inscrivent en étant mieux au courant de notre métier. Ce sont des candidatures bien motivées.»

Mais pour François Waridel, rien n’est acquis. «La tendance est bonne. Mais si nous devions massivement augmenter nos effectifs, nous n’arriverions pas à suivre.» L’image et le statut social du gendarme, surtout à Genève, restent toujours un obstacle au recrutement.

Quel est le profil type d’un aspirant policier? «C’est majoritairement un homme, âgé de 22?ans, avec un diplôme de commerce ou un CFC et qui n’a pas de problème avec la discipline et le travail en groupe. Nous avons aussi des universitaires qui s’engagent dans la police.»

Depuis quelques années, les policiers passent un diplôme fédéral. Il leur est donc possible de travailler dans toute la Suisse. Cet été, un gendarme neuchâtelois a quitté son poste de La Chaux-de-Fonds pour s’engager dans la police genevoise.


Les solutions des partis pour lutter contre l’insécurité

Plus de prisons ou plus de policiers? Les milieux politiques rebondissent sur l’agression d’un Saoudien.

La question de la sécurité des touristes du Golfe à Genève continue de susciter des réactions. Jusqu’à Paris où le quotidien Le Monde publie dans son édition datée d’aujourd’hui un article sur le sujet. A Genève, la famille du Saoudien retrouvé inconscient dans la rue, persistant dans la thèse de l’agression (lire nos éditions d’hier), a porté plainte mardi.

A deux mois des élections cantonales, un thème aussi chaud ne pouvait manquer d’interpeller les partis politiques. Les premiers à dégainer ont été les radicaux et le MCG. Tous deux demandent la création rapide de structures, si nécessaire provisoires, de détention administrative. Cette mesure, prévue pour les étrangers en attente de refoulement et limitée à 24?mois, devrait selon eux être aussi appliquée aux délinquants multirécidivistes sans titre de séjour.

Le problème, comme le soulignent justement les radicaux eux-mêmes, c’est que ces derniers sont rarement expulsables, soit qu’il n’y ait pas d’accord de réadmission avec leur pays d’origine, soit que celui-ci ne nous soit pas connu. «Même si on ne peut pas les renvoyer au bout des 24?mois, cela les calmerait», affirme le chef du groupe radical au Grand-Conseil, Frédéric Hohl. Le député libéral Olivier Jornot n’est pas convaincu: «Si on sait que le renvoi est impossible, la jurisprudence fédérale interdit le recours à la détention administrative.» Les libéraux préconisent la création de deux postes de police intégrés (un sur chaque rive), ouverts 24?h sur 24 et réunissant la gendarmerie, la police judiciaire et des officiers de police.

Une police plus visible

A gauche, chez les Verts et les socialistes, on est aussi pour une décentralisation des forces de police, mais on prône plutôt le retour aux postes de quartier et aux îlotiers. «Ceux-ci connaissent les gens, les commerçants, voire les délinquants, note la cheffe du groupe des Verts, Emilie Flamand.

Et leur présence dans la rue est dissuasive.» Tous les partis, gauche et droite confondues, sont d’accord pour dire que la police a besoin de davantage de moyens pour être plus présente sur le terrain. Mais où la gauche verrait des îlotiers, les radicaux veulent des patrouilles avec des chiens et les libéraux une brigade anticriminalité en civil, comme en France. Pour l’UDC, le PDC et les libéraux, la police pourrait être plus visible si elle était délestée d’une partie de ses tâches administratives. A cette fin, le PDC propose la création d’un commissariat virtuel qui permettrait de déposer plainte sur Internet pour les délits mineurs.

Les idées sont multiples et variées. Plusieurs motions et projets de loi seront discutés au Grand Conseil dès la rentrée.

Antoine Grosjean

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