Maïté, la call-girl de luxe accusée d’avoir fourni des prostituées et de la drogue au producteur français Thomas Langmann durant le tournage en Espagne du film Astérix aux Jeux olympiques a été condamnée par le Tribunal de police à une peine de 300 jours-amende avec sursis (à 285 francs le jour). Elle a été reconnue coupable d’escroquerie, d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur, d’encouragement à la prostitution et d’infractions simples à la législation fédérale sur les stupéfiants. L’ex-avocat genevois impliqué dans la même affaire a également été reconnu coupable d’infraction simple à la Loi sur les stupéfiants. Les deux prévenus qui ont déjà effectué plus de deux mois de détention préventive ont été acquittés des accusations de chantage et d’extorsion. D’où la satisfaction des avocats de la défense, Mes Yaël Hayat et Jacques Barillon: «Sans l’affaire du producteur Thomas Langmann et le poids de son conseil, le bâtonnier Bonnant, ce dossier aurait été classé, affirme ce dernier. Le cœur de l’accusation est anéanti par ce jugement.» Après avoir écouté les conversations téléphoniques entre Maïté et Thomas Langmann, le tribunal a estimé que le producteur n’avait effectivement pas payé certaines prestations concernant les escort girls fournies par l’accusée sur le tournage du film Astérix. Selon les juges, Thomas Langmann a admis devoir une certaine somme d’argent. C’est donc pour récupérer un montant dont elle s’estimait lésée (15?000 euros) que Maïté menaçait de le dénoncer au procureur général de Paris. Dénonciation que le magistrat n’a d’ailleurs jamais reçue. Pas de dessein d’enrichissement illégitime et pas d’extorsion donc de la part de la prévenue. L’encouragement à la prostitution s’est également dégonflé puisqu’il n’a été retenu que pour l’une des filles de l’entremetteuse qui était mineure au moment des faits. Les autres, majeures, ont accepté de se prostituer «en connaissance de cause et tout à fait librement», note le jugement. Maïté recevait 50% des gains des jeunes femmes, mais cet élément n’y change rien: «L’accusée jouait un rôle d’entremetteuse tout à fait usuel, indiquant aux filles où elles devaient aller, qui elles devaient rencontrer et à quelle heure.»
Appât du gain
En ce qui concerne les stupéfiants, Maïté a été reconnue coupable d’avoir acheté pour 2400 francs d’héroïne, de l’avoir conditionnée puis d’avoir pris l’avion jusqu’à Alicante pour la remettre à Thomas Langmann. Elle est également coupable d’avoir utilisé le numéro de la carte de crédit d’une de ses «conquêtes» et d’avoir dépensé plus de 30?000 francs dans des boutiques de luxe. Les juges indiquent que pour toutes les infractions, «la motivation de l’accusée relève du pur et simple appât du gain, ceci souvent pour assouvir des désirs de luxe futiles». Pour sanctionner cet aspect de son comportement, le tribunal lui inflige, en plus de sa peine, une amende de 8000 francs à payer sans délai.
Tribunal de police.