«Notre 100e?anniversaire est bien lancé», se réjouissent Sophie Frezza et Mirella Falco, les deux responsables des 168 bénévoles qui donnent des cours de français à environ 1000 migrants à l’Université ouvrière de Genève (UOG).
Pas moins de 250?personnes ont, en effet, participé, vendredi soir à la salle des fêtes de Plainpalais, à un grand repas en l’honneur des bénévoles.
Parmi eux, Dominique Dominicé aime «contribuer à perpétuer la tradition d’accueil des étrangers dans notre canton». Fatima Benheddi n’est pas moins enthousiaste: «On ne compte pas son temps, on s’investit à fond. Mes cours me nourrissent. Une activité très gratifiante qui me procure beaucoup de plaisir.»
Licencié en droit, employé par une organisation internationale à Genève, Dominique Dominicé consacre, comme les autres bénévoles, une heure et demie par semaine à cette activité depuis cinq ans: «J’en avais entendu parler par une connaissance.»
Ce fils de diplomate, qui a grandi et beaucoup travaillé à l’étranger, notamment en tant que délégué du CICR, a été séduit par l’apprentissage du français, mais aussi par le volet intégration. «Ma classe est très mixte avec une dizaine d’élèves de 25 à 55?ans, des femmes et des hommes issus de 4 continents différents. Des personnes qui ont déjà un bon niveau mais qui veulent parfaire leurs connaissances. Nos échanges interculturels m’apportent énormément à moi aussi!» Et le pédagogue se réjouit notamment de pouvoir «aider les mamans à mieux suivre la scolarité de leurs enfants».
Emballée par l’ambiance
C’est aussi cet engagement citoyen qui motive grandement Fatima Benheddi. Née en France de parents algériens, la chaleureuse bénévole est arrivée à Genève en 1997. Grâce à une annonce parue dans la Tribune, cette mère au foyer a fait ses débuts à l’UOG en 2006: «Ici, il y a une impressionnante culture du bénévolat, cela m’a toujours stimulée à donner un peu de mon temps. Dès que j’ai démarré à l’UOG, j’ai été emballée par la superbe ambiance qui y règne. C’est bienveillant et chaleureux. Sophie et Mirella, nos deux responsables, y sont pour beaucoup! Elles savent mobiliser les énergies.»
Fatima Benheddi relève enfin que ses élèves (majoritairement des femmes) ont non seulement envie de mieux maîtriser le français, mais aussi de découvrir leur ville d’accueil, son histoire. «Alors j’essaie de susciter le débat. Par exemple quand nous fêtons l’Escalade…» L’UOG a, assurément, encore de beaux jours devant elle.
3500 étudiants à l’UOG
? L’Université ouvrière de Genève (UOG) offre une formation de base et continue à des personnes faiblement qualifiées, pour la plupart d’entre elles. Objectif: favoriser leur intégration sociale, culturelle, économique et politique.
? «Ce ne sont pas moins de 3500 étudiants, dont 1000 adultes suivant des cours de français, qui bénéficient de nos prestations», relève Sophie Frezza.?
? Pour atteindre ses ambitions, l’UOG propose des cours, séminaires, conférences, colloques, ateliers ou forums. Elle collabore à cet effet avec les institutions qui, tant sur le plan cantonal que fédéral et international, ont des buts similaires; et en particulier avec les organisations syndicales et coopératives.
Association à but non lucratif, la vénérable institution a été créée en 1910 par divers mouvements de gauche et des syndicats. Reconnue d’utilité publique, l’UOG est partiellement subventionnée par l’Etat et la Ville de Genève, la Fondation en faveur de la formation professionnelle et continue, l’Office cantonal de l’emploi, certaines communes, la commission paritaire, ainsi que les organisations syndicales du canton.