«Silence, on tourne!» Durant toute la semaine dernière, leur appartement s’est changé en un véritable studio. La caméra, les micros, les projecteurs ont envahi le salon, des costumes jonchent les fauteuils et la cuisine prend des allures de laboratoire.
C’est là, au cœur d’Evian, que la Télévision suisse romande, sous la direction du réalisateur James Aymon, tourne la 3e saison des chroniques du professeur Nimbus. Ces courtes séquences sont diffusées depuis lundi dans l’émission Dolce Vita.
A l’image de Jamie et Fred de C’est pas sorcier, ce savant fou, interprété par le Dr. Fabrice Riblet, explique, expériences à l’appui, toutes sortes de concepts scientifiques. Pourquoi une béchamel fait des grumeaux? De quoi sont faites les toiles d’araignée? A quoi sert la bave de l’escargot?
«La science fait partie intégrante de notre quotidien», souligne Edith Muller, assistante, conseillère de Nimbus et compagne de Fabrice Riblet. «Le challenge des chroniques, c’est d’apporter des réponses à toutes sortes de questions, en deux?minutes chrono.»
Sans quitter ses grosses
lunettes rondes d’inspiration freudienne et son indispensable blouse, le professeur Nimbus raconte en riant: «A l’école, j’étais un mauvais élève. C’est sans doute pour cela que je sais vulgariser. Et puis, garder un savoir pour soi, cela ne sert à rien, il faut le partager.»
Le Jardin expérimental
Originaire de Lorraine, le couple de trentenaires a débarqué dans la région en 2001 pour permettre à celui qui allait devenir Nimbus de passer sa thèse de chimie à l’EPFL.
Depuis, ils ont fait du chemin. De leur passion commune pour les sciences et la culture est née une entreprise. Fondé il y a un an, le Jardin expérimental fourmille de projets. «Au-delà des chroniques de Nimbus, on participe à de nombreux festivals. On était à Bim Bada Boum à Genève, la semaine prochaine on sera au Bonheur des mômes, au Grand Bornand.» Pour l’occasion, Edith Muller, coauteur des textes, rejoint Fabrice Riblet sur les planches. «On va même faire une tournée en pirogue en Guyane en s’arrêtant faire notre spectacle dans les villages», explique-t-elle toute excitée.
«On va dans les écoles, on a fait dernièrement un atelier de gastronomie moléculaire pour un comité d’entreprise, on projette d’écrire un livre avec la dessinatrice genevoise Albertine», poursuit Fabrice Riblet.
S’adressant à tous les publics et multipliant les formes d’interventions, le Jardin expérimental est en somme un joyeux et savant foisonnement. A l’image de l’appartement-plateau télé qui domine le Léman.