Ils se sont donné rendez-vous ce mercredi à midi au pied de la rue de la Cité, devant la fontaine, lieu très prisé des amoureux. Ils, ce sont les militants des droits des animaux. Tout de noir vêtu pour la circonstance. Un deuil silencieux de 60?minutes, à la mémoire des 400 milliards de poissons et des 56 milliards d’animaux terrestres qui sont tués chaque année pour leur chair, rappellent les organisateurs. Ensemble ils ont sorti la calculette et se présentent debout derrière des panneaux aux chiffres en effet édifiants. Cette «boucherie planétaire» représente quand même 1750 exécutions d’animaux par seconde. Un tract distribué aux passants à l’heure du repas de midi rappelait que «maltraiter et tuer autrui par plaisir ou par habitude ne relève pas du domaine légitime de la liberté individuelle.»
Le message a été inégalement entendu. Un jeune garçon s’arrête, lit les pancartes et lâche à ses camarades, vaguement insolent: «Ce genre de manif me donne envie de manger un hamburger. Tous au McDo!» Sous le soleil, le débat est lancé. Il se prolongera ce samedi, de 9?h à 18?h sur la rue de la Croix-d’Or où un stand d’information réclamant l’abolition de la viande sera monté.