«Pour la deuxième fois,nous avons pu déterminer la masse et le rayon d’une super-Terre», se réjouit le professeur Stéphane Udry, de l’Observatoire de l’Université de Genève. L’exercice est d’autant plus intéressant qu’il révèle la grande diversité de la composition des super-Terres, ces planètes extrasolaires dont la masse est d’une à dix fois celle de la Terre.
En septembre dernier, l’équipe genevoise révélait avoir déterminé les caractéristiques de CoRoT-7b, une super-Terre de type rocheuse. GJ1214b, la nouvelle venue à l’inventaire, possède une masse similaire à Corot-7b, soit 6,5 fois celle de la Terre.
Mais elle présente un rayon beaucoup plus important (2,7 rayon terrestre), ce qui suggère une composition très différente. GJ1214b serait plutôt du genre «eau et atmosphère», avec un cœur de glace, mais une surface trop chaude pour que l’eau puisse s’y trouver à l’état liquide.
La planète, précisent encore les scientifiques dans un article qui paraît aujourd’hui dans Nature, est en orbite autour d’une naine rouge, à seulement 40?années-lumière de chez nous. Elle est cependant extrêmement proche de son étoile, à seulement 200 millions de kilomètres (70?fois plus proche que nous du Soleil), et en fait le tour en trente-huit heures. Du coup, la température à la surface doit avoisiner les 200?degrés, beaucoup trop pour que l’eau soit liquide.
En outre, une telle densité n’est explicable que par l’existence d’une couche d’atmosphère d’environ 200?kilomètres autour de la planète. Beaucoup plus épaisse que la nôtre, elle maintient une haute pression et une nuit qui excluent toute forme de vie telle que nous la connaissons.
Le plus insolite est que la découverte de cette super-Terre par des chercheurs de Harvard a été faite à l’aide d’une flotte de petits télescopes terrestres guère plus grands que ceux des astronomes amateurs. Ils traquent en permanence quelque 2000 naines rouges pour voir si leur intensité lumineuse change, trahissant le passage (transit) d’un astre.
En revanche, c’est avec un instrument unique au monde, le spectromètre HARPS, mis au point par les astrophysiciens de l’UNIGE et installé à l’observatoire de La Silla, au Chili, que les chercheurs ont pu déterminer la masse de la planète.
«Cette diversité des super-Terres montre qu’il faudra avoir une compréhension générale de l’ensemble du cheptel pour savoir si l’une d’elles est habitable», conclut Stéphane Udry.