Budget 2012

David Hiler veut mettre la police au pas

Par Fabiano Citroni le 10.12.2011 à 00:01

Selon le conseiller d’Etat, les heures supplémentaires de la police sont surtout liées à une gestion des horaires insatisfaisante.

L’Etat doit-il prévoir une enveloppe spéciale pour payer les heures supplémentaires que les policiers effectueront en 2012? Cette question, toute simple, a suscité des débats musclés entre les députés de la Commission des finances et le conseiller d’Etat David Hiler lors des discussions sur le budget, qui devrait être adopté dans une semaine en plénière.

Le cœur du problème: la conviction du patron des Finances que les heures supplémentaires effectuées par la police sont principalement liées à une planification des horaires insatisfaisante. «Il y a un problème au niveau de la conduite de la police. La gestion des horaires doit s’améliorer», affirme David Hiler, se faisant le porte-voix du Conseil d’Etat.

Lors de la séance de la Commission des finances du 30 novembre, dont nous nous sommes procuré le procès-verbal, le magistrat s’est montré encore plus sévère envers le bras armé de l’Etat. Il a affirmé que si l’enveloppe dévolue au paiement des heures supplémentaires était trop garnie, la police se dirait: «On peut recommencer à rigoler et à se moquer des autorités.»

Le magistrat assume-t-il ces propos? «En milieu d’année, la Cour des comptes a avisé la population qu’on moulinait des heures supplémentaires à tout va. Le Département de la sécurité a alors renforcé les contrôles. Résultat: les choses se sont beaucoup mieux passées. Avec une augmentation des effectifs et une meilleure planification, il y aura moins d’heures supplémentaires», répond-il.

N’a-t-il pas peur de se mettre à dos l’ensemble de la police? «Ce n’est pas le but, précise-t-il. Mais le Conseil d’Etat n’entend pas institutionnaliser des dépassements systématiques. Il doit être capable d’avoir une rigueur budgétaire. Et la police doit respecter la volonté des pouvoirs politiques.»

Malgré un discours ferme, David Hiler a accepté d’inscrire 2 millions de francs au budget pour le paiement des heures supplémentaires. «Les députés demandaient au moins deux fois plus, dit-il. Mais il n’était pas question de créer un appel d’air. Nous aurions pu refuser d’inscrire le moindre franc au budget, mais nous sommes conscients que tout ne peut pas se mettre en place en deux temps, trois mouvements.»

Le libéral-radical Renaud Gautier ne partage pas l’avis du chef des Finances. Pour lui, les heures supplémentaires sont directement liées aux missions à accomplir. «Il n’y a pas assez de policiers, mais toujours plus de travail. Il est clair qu’il faudra leur payer des heures supplémentaires. Le débat que nous avons eu en commission relevait donc de la vérité comptable», assure Renaud Gautier, qui a été le premier, avec le socialiste Roger Deneys, à avancer l’idée d’avoir une enveloppe pour les heures supplémentaires.

Les policiers ont-ils vraiment tant de travail ou la planification de leurs horaires est-elle fantaisiste? Pour le président du Syndicat de la gendarmerie, Christian Antonietti, David Hiler a dérapé. «Ses propos sont scandaleux. Il dénigre notre travail. Il ose dire que nous nous moquons des autorités alors que nous ne faisons que remplir notre mission. Il fait fi de nos conditions de travail et de la fatigue des collaborateurs.»

Le syndicat compte-t-il réagir par une action coup-de-poing? «Nous devons digérer ses propos. Puis nous en rediscuterons avec la base lors d’une assemblée générale prévue mardi.»

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